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Lettre d'approbation de l'Ordre(Foulques, évêque de Toulouse, approuve, institue et dote comme prédicateurs évangéliques dans son diocèse Dominique et ses compagnons. Toulouse 1215.)Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous portons à la connaissance de tous, présents et à venir, que nous Foulques, par la grâce de Dieu humble ministre du siège de Toulouse, nous instituons comme prédicateurs dans notre diocèse frère Dominique et ses compagnons, afin d'extirper la corruption de l'hérésie, de chasser les vices, d'enseigner la règle de la foi et d'inculquer aux hommes des moeurs saines. Leur programme régulier est de se comporter en religieux, d'aller à pieds, dans la pauvreté évangélique, en prêchant la parole de vérité évangélique. Mais parce que l'ouvrier mérite sa nourriture [Matth. x, 10] et qu'on ne saurait museler le boeuf qui foule le grain [1 Cor. Ix, 9], à plus forte raison celui qui prêche l'Evangile doit-il vivre de l'Evangile [I Cor. Ix, 14]. Nous voulons donc que ces ouvriers, lorsqu'ils iront prêcher, reçoivent du diocèse la nourriture et tout le nécessaire. Avec le consentement du chapitre de l'église du Bx Etienne et du clergé diocésain de Toulouse, nous assignons à perpétuité aux susdits prédicateurs et à ceux que le zèle du Seigneur et l'amour du salut des âmes armeraient pour accomplir de la même manière le même office de prédication, la moitié de cette troisième partie de la dîme qui est affectée à l'ameublement et à la fabrique de toutes les églises paroissiales qui dépendent de nous. Ainsi pourront-ils se vêtir, se procurer ce dont ils ont besoin durant leurs maladies et se reposer quand ils le voudront. A la fin de l'année, s'il reste quelque superflu, nous voulons et statuons que celui-ci soit réservé pour l'embellissement des mêmes églises paroissiales ou pour l'usage des pauvres, selon que l'évêque le jugera opportun. Puisque le droit prévoit qu'une partie notable des dîmes doit toujours être assignée et distribuée aux pauvres, il est évident que nous sommes tenus d'assigner de préférence une partie des dîmes à ceux qui, pour le Christ, ont choisi la pauvreté évangélique et s'efforcent ainsi, non sans labeur, d'enrichir tous et chacun des dons célestes, tant par leur exemple que par leur doctrine. Ainsi les fidèles dont nous moissonnons les biens temporels nous mettront-ils en mesure de semer, par nousmêmes et par d'autres, les biens spirituels en toute convenance et opportunité.
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