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Livret sur les origines de l'Ordre des Prêcheurspar fr. Jourdain de Saxe, o.p.(Suite) Pages : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 Première idée de fondation. 37. Le comte de Montfort, aussi, qui l'entourait d'une dévotion spéciale, lui fit don avec l'assentiment de son conseil d'un important château appelé Casseneuil, pour lui et pour les collaborateurs qui pourraient l'aider dans le ministère de salut qu'il avait entrepris. Frère Dominique avait en outre l'église de Fanjeaux et quelques autres possessions. De tous ces biens, lui et les siens tiraient leur subsistance. Mais, sur ces revenus, ils donnaient aux soeurs de Prouille tout ce dont ils pouvaient se priver. L'Ordre des Prêcheurs, en effet, n'avait pas encore été institué. On avait seulement traité de son institution, bien que frère Dominique s'adonnât de toutes ses forces au ministère de la prédication. On n'observait pas non plus la future constitution qui interdit de recevoir des possessions foncières et de conserver celles qu'on a pu recevoir. Depuis la mort de l'évêque d'Osma jusqu'au concile de Latran, il s'écoula presque dix années, pendant lesquelles frère Dominique demeura à peu près seul dans la région. Des deux premiers frères qui firent leur oblation à frère Dominique. 38. Quand approchait déjà le concile de Latran, au temps où les évêques commençaient à gagner Rome, deux Toulousains distingués et capables firent leur oblation à frère Dominique. L'un deux était Pierre Seila, le futur prieur de Limoges ; l'autre frère Thomas, sujet doué de beaucoup de grâce et d'éloquence. Le premier, frère Pierre, possédait auprès du château narbonnais des maisons hautes et nobles ; il les transmit à frère Dominique et à ses compagnons qui, à partir de ce moment, trouvèrent dans ces maisons leur premier logis toulousain. Dès lors, tous ceux qui étaient avec frère Dominique se mirent à descendre les degrés de l'humilité et à se conformer aux moeurs des religieux. Les revenus qui assuraient leur nourriture et leurs premières nécessités. 39. Cependant l'évêque Foulques de Toulouse, d'heureuse mémoire, qui éprouvait pour frère Dominique, bien-aimé des hommes et de Dieu, une tendre affection, voyant la régularité des frères, leur grâce et leur ferveur dans la prédication, fut transporté de joie à cette aurore de lumière nouvelle. Avec le consentement de tout son chapitre, il leur accorda le sixième de toutes les dîmes du diocèse, pour qu'ils se procurent avec ce revenu ce qui leur était nécessaire en fait de livres et de vivres. Comment maître Dominique, avec l'évêque de Toulouse, s'en vint auprès du pape. 40. Frère Dominique se joignit à l'évêque et tous deux se rendirent au concile pour prier d'un même voue le seigneur pape Innocent de confirmer à frère Dominique et à ses compagnons un ordre qui serait et s'appellerait des Prêcheurs. On demanderait également confirmation des revenus assignés aux frères par le comte et l'évêque. 41. Quand il les eut entendus présenter leur requête, l'évêque du siège de Rome invita frère Dominique à retourner près de ses frères, à délibérer pleinement avec eux sur cette affaire, puis, avec leur consentement unanime, à vouer quelque règle approuvée. L'évêque leur assignerait alors une église. Finalement, frère Dominique reviendrait trouver le pape et recevrait confirmation sur tous les points. Premières coutumes. 42. C'est ainsi qu'après la célébration du concile ils revinrent et communiquèrent aux frères la réponse du pape. Bientôt après ils firent profession de la règle de saint Augustin, cet éminent prêcheur, eux les Prêcheurs futurs. Ils s'imposèrent en outre quelques coutumes de plus stricte observance, en matière de nourriture, de jeûnes, de coucher et de port de la laine. Ils résolurent et instituèrent de ne pas avoir de biens-fonds, pour que le tracas des affaires temporelles ne fût pas un obstacle au ministère de la prédication. Ils décidèrent d'avoir encore et seulement des revenus. 43. De plus l'évêque de Toulouse, avec l'assentiment de son chapitre, leur accorda trois églises : l'une dans le périmètre de la cité, une autre dans la campagne de Pamiers, la troisième entre Sorèze et Puylaurens, à savoir l'église de Sainte-Marie de Lescure. On devait établir une communauté priorale en chacune d'entre elles. Première église concédée aux frères à Toulouse. 44. En l'an du Seigneur 1216, pendant l'été, les frères reçurent en don leur première église toulousaine, dédiée à saint Romain. Aucun frère n'habita jamais dans les deux autres églises. Dans celle de Saint-Romain, par contre, on se mit aussitôt à élever un cloître, avec un étage de cellules suffisamment commodes pour étudier et pour dormir. Le nombre des frères était alors de seize environ. Mort du seigneur Innocent et couronnement du pape Honorius. Confirmation de l'ordre. 45. Entre-temps le seigneur pape Innocent fut enlevé de cette terre. On lui donna pour successeur Honorius. Frère Dominique vint bientôt le trouver. Il en obtint pleinement et en tout, selon l'idée et l'organisation qu'il en avait conçue, la confirmation de l'ordre et de tout ce qu'il voulait. Mort du comte de Montfort, prévue par maître Dominique. 46. En l'an du Seigneur 1217, les gens de Toulouse se préparèrent à se révolter contre le comte de Montfort. Il semble que l'homme de Dieu Dominique l'apprit peu avant par l'Esprit. Il lui fut en effet montré dans une vision un arbre de large envergure et de bel agrément, dans les rameaux duquel habitaient grand nombre d'oiseaux. Or l'arbre s'abattit, et les oiseaux qui s'y reposaient s'enfuirent de tous côtés. Plein de l'esprit de Dieu, frère Dominique comprit donc qu'un danger de mort imminent menaçait le comte de Montfort, ce grand et très haut chef, soutien d'une multitude de petits. 47. Il invoqua le Saint-Esprit, convoqua tous les frères et leur dit qu'il avait pris dans son coeur la décision de les envoyer tous à travers le monde, en dépit de leur petit nombre, et que désormais ils n'habiteraient plus tous ensemble en ce lieu. Chacun s'étonna de l'entendre proclamer catégoriquement une décision si rapidement prise. Mais l'autorité manifeste que lui donnait la sainteté les animait si bien, qu'ils acquiescèrent avec assez de facilité, pleins d'espoir quant à l'heureuse issue de cette décision. 48. Il lui parut bon de faire élire abbé un frère qui régirait les autres par autorité, en qualité de supérieur et de chef. Il se réserva toutefois le pouvoir de le contrôler. Ainsi frère Matthieu fut-il canoniquement élu en qualité d'abbé. Il fut dans l'ordre le premier et le dernier à porter ce titre d'abbé, car les frères décidèrent dans la suite, pour souligner l'humilité, que celui qui serait à la tête de l'ordre ne s'appellerait pas abbé, mais maître. Les frères envoyés en Espagne. 49. Quatre frères furent dirigés sur l'Espagne : frère Pierre de Madrid et frère Gomez, frère Michel de Ucero et frère Dominique. Les deux derniers furent renvoyés dans la suite de Rome à Bologne, où ils restèrent, par maître Dominique qu'ils étaient allés rejoindre en revenant d'Espagne. Ils n'avaient pas réussi en effet à réaliser là-bas les fruits qu'ils espéraient. Les deux autres, par contre, obtenaient d'abondants succès et distribuaient la parole de Dieu. Ce frère Dominique était un homme d'une rare humilité, de peu de science mais d'une vertu magnifique. Il ne sera pas inutile de rappeler brièvement quelques souvenirs à son sujet. D'un certain frère Dominique. Comment il triompha des tentations d'une femme. 50. Un complot avait été monté, avec la complicité peut-être de quelques rivaux envieux, pour le faire aborder sous prétexte de confession par certaine courtisane effrontée, instrument de Satan, piège de la chasteté et torche de tous les vices. Elle l'interpella en ces termes : "Je suis dans l'angoisse ! Je brûle sans mesure, je suis consumée par un feu véhément ! Mais, hélas, celui que j'aime ne me connaît pas ; et si même il me connaissait, il me mépriserait sans doute. Et pourtant combien son amour a pénétré mon coeur irrémédiablement ! Donnez-moi, je vous prie, un conseil ; apportez le remède à une âme qui meurt. Vous le pouvez." Tandis que la courtisane travaillait à séduire l'innocent par ces discours empoisonnés et choisis et que son insistance ne s'amollissait pas devant les idées de salut dont le frère essayait de la persuader, celui-ci découvrit out à coup le genre de la personne et le péril qu'il courait. "Allez-vous- en pour un instant, dit-il et revenez ensuite. Je vais préparer un endroit convenable pour nous rencontrer." Il entra dans sa chambre et prépara deux feux de part et d'autre, très voisins pourtant l'un de l'autre. Quand la courtisane arriva, il s'étendit entre les deux et l'invita à le rejoindre : "Voilà, dit-il, l'endroit convenable pour un si grand forfait. Venez, s'il vous plaît, que nous couchions ensemble." La femme horrifiée à la vue de cet homme qui se précipitait impavide dans les braises et les jets de flammes, poussa des cris et se retira touchée par le remords. Il se leva intact. L'ardeur des séductions impures non plus que le feu matériel n'avait aucunement réussi à le vaincre. Les premiers frères envoyés à Paris. 51. Furent envoyés à Paris frère Matthieu qu'on avait élu comme abbé, et frère Bertrand qui fut plus tard provincial de Provence. C'était un homme de grande sainteté et d'une inexorable rigueur à son propre sujet, qui mortifiait très durement sa chair. Il s'était imprégné sur de nombreux points de l'attitude exemplaire de maître Dominique, dont il avait été parfois le compagnon de route. L'un et l'autre, dis-je, furent dirigés sur Paris, avec des lettres du Souverain Pontife, pour y publier l'ordre. Deux autres frères les accompagnaient pour faire leurs études, frère Jean de Navarre et frère Laurent l'Anglais. Ce dernier, avant d'arriver à Paris, apprit par révélation du Seigneur il le prédit et la réalisation des événements le prouva dans la suite une bonne part de ce qui arriva aux frères à Paris, la nature et l'emplacement de leur habitation, la réception de nombreux frères. Indépendamment de ces quatre frères, frère Mannès, frère utérin de maître Dominique, et frère Michel d'Espagne allèrent également à Paris, emmenant avec eux un convers appelé Odéric. 52. Tous furent envoyés à Paris. Mais les trois derniers firent route plus vite et arrivèrent plus tôt : ils entrèrent dans la ville la veille des Ides de septembre ; au bout de trois semaines les autres les suivirent. Ils louèrent une maison près de l'hôpital de Notre-Dame, en face des portes de l'évêché. Don de la maison de Saint-Jacques aux frères de Paris. 53. En l'an du Seigneur 1218, les frères reçurent la maison de Saint-Jacques par une donation, qui n'était pas encore absolue, de maître Jean, doyen de Saint-Quentin, et de l'université de Paris, à la prière instante du seigneur pape Honorius. Ils y entrèrent pour l'habiter le huit des Ides d'août. Les premiers frères envoyés à Orléans. 54. La même année on envoya à Orléans quelques frères jeunes et simples ; petite semence qui fut cependant dans la suite le principe d'une descendance abondante. Les premiers frères envoyés à Bologne. 55. Au commencement de l'année du Seigneur 1218, maître Dominique envoya de Rome à Bologne : frère Jean de Navarre et aussi frère Bertrand ; plus tard frère Chrétien avec un frère convers. S'installant à Bologne, ils connurent la gêne d'une grande pauvreté. Réception miraculeuse dans l'ordre, de maître Réginald par maître Dominique, à Rome. 56. La même année, maître Dominique se trouvait à Rome lorsqu'y parvint le doyen de Saint-Aignan d'Orléans, maître Réginald, qui se préparait à traverser la mer. C'était un homme de grande renommée, savant très docte, illustre par ses dignités, qui avait occupé cinq ans à Paris la chaire de droit canon. À peine arrivé, il tomba gravement malade. Maître Dominique vint lui rendre quelquefois visite. Quand il l'engagea à suivre la pauvreté du Christ et à s'associer à l'ordre, il obtint son consentement libre et plein d'y entrer, au point que maître Réginald s'y astreignit par voue. 57. Or Réginald guérit de sa maladie grave et d'un péril presque désespéré, non sans l'intervention miraculeuse de la puissance divine. Car la Vierge Marie, reine du ciel, mère de miséricorde, vint à lui sous forme visible au milieu des ardeurs de la fièvre et frotta d'un onguent guérisseur qu'elle portait avec elle, ses yeux, ses narines, ses oreilles, sa bouche, son nombril, ses mains et ses pieds, en ajoutant ces mots : "J'oins tes pieds avec l'huile sainte, pour qu'ils soient prêts à annoncer l'Évangile de paix." Elle lui fit voir en outre tout l'habit de notre ordre. Tout aussitôt il se trouva guéri et si subitement reconstitué dans tout le corps que les médecins, qui avaient presque désespéré de sa convalescence, s'étonnaient de constater les signes d'une guérison achevée. Dans la suite maître Dominique fit connaître publiquement ce remarquable miracle à bien des gens qui vivent encore. J'ai moi-même assisté naguère à Paris à une conférence spirituelle où il le raconta à un assez grand nombre de personnes. Comment maître Réginald traversa la mer, puis, prêchant à Bologne, au retour, fit entrer beaucoup de gens dans l'ordre. 58. Dès qu'il eut recouvré la santé, maître Réginald accomplit son projet de traverser la mer, bien que la profession déjà l'eût attaché à l'ordre. Au retour il vint à Bologne, le 12 des calendes de janvier. Il ne tarda pas à se consacrer tout entier à la prédication. Son éloquence était d'un feu violent et son discours, comme une torche ardente, enflammait le coeur de tous les auditeurs : bien peu de gens avaient un tel roc dans le coeur qu'ils pussent se dérober à l'effet de son feu. Bologne tout entière était en effervescence, il semblait qu'un nouvel Élie venait de se lever. Maître Réginald reçut alors dans l'ordre bien des gens de Bologne, le nombre des disciples se mit à augmenter et beaucoup se joignirent à eux. Voyage en Espagne de maître Dominique et son retour. 59. La même année, maître Dominique passa en Espagne. Il y établit deux maisons ; l'une à Madrid, qui est maintenant une maison de moniales ; l'autre à Ségovie, qui fut la première maison des frères en Espagne. Au retour, il vint à Paris, en l'an du Seigneur 1219 ; il y trouva une communauté d'environ trente frères. 60. Il n'y demeura que peu de temps et partit pour Bologne, où il trouva, à Saint-Nicolas, un grand collège de frères que le soin et le zèle de frère Réginald élevaient sous la règle du Christ. Tous l'accueillirent avec joie à son arrivée, avec respect et déférence, comme on fait pour un père. Il s'installa chez eux et s'occupa de façonner l'enfance encore tendre de la nouvelle pépinière par ses instructions spirituelles et par ses propres exemples. Il envoie maître Réginald à Paris. 61. Cependant, il fit passer frère Réginald de Bologne à Paris. Ce fut une désolation parmi les fils que celui-ci avait engendrés récemment dans le Christ par la parole de l'Évangile ; chacun pleurait d'être si rapidement attaché aux mamelles sacrées de sa mère coutumière. 62. Mais tout cela s'accomplissait par un instinct divin. C'était merveille de voir comment le serviteur de Dieu, maître Dominique, lorsqu'il distribuait ses frères de-ci de-là, dans les divers quartiers de l'Église de Dieu, ainsi que nous le rappelions plus haut, le faisait avec certitude, sans hésiter ni balancer, bien que d'autres au même moment fussent d'avis qu'il ne fallait pas faire ainsi. Tout se passait comme s'il était déjà certain de l'avenir, ou que l'Esprit l'eût renseigné par ses révélations. Et qui donc oserait le mettre en doute ? Il n'avait au début qu'un petit nombre de frères, simples pour la plupart et faiblement instruits, et il les divisait, les dispersait en mission à travers les Églises d'une telle manière que les enfants du siècle jugeaient, dans leur prudence, qu'il paraissait détruire l'oeuvre ébauchée plutôt que l'agrandir. Mais il aidait ses missionnaires par l'intercession de ses prières et la puissance du Seigneur travaillait à les multiplier. L'arrivée de maître Réginald à Paris et sa mort. 63. Frère Réginald, de sainte mémoire, s'en vint donc à Paris et se mit à prêcher avec une ferveur spirituelle infatigable, par la parole et par l'exemple, le Christ Jésus et Jésus crucifié. Mais le Seigneur l'enleva bientôt de la terre. Parvenu vite à son achèvement, il traversa en peu de temps une longue carrière. Enfin, il tomba bientôt malade et, arrivant aux portes de la mort charnelle, s'endormit dans le Seigneur et s'en alla vers les richesses de gloire de la maison de Dieu, lui qui, durant sa vie, s'était manifesté l'amant résolu de la pauvreté et de l'abaissement. Il fut enseveli dans l'église de Notre-Dame-des-Champs, car les frères n'avaient pas encore de lieu de sépulture. Parole de maître Réginald sur la joie qu'il éprouvait dans l'ordre. 64. Il me souvient que tandis qu'il vivait encore, frère Matthieu qui l'avait connu, dans le siècle, glorieux et difficile dans sa délicatesse, l'interrogea parfois avec étonnement : "N'éprouvez-vous pas quelque répugnance, maître, à cet habit que vous avez pris ?" Mais lui, en baissant la tête : "Je crois n'avoir aucun mérite à vivre dans cet ordre, répondit-il, car j'y ai toujours trouvé trop de joie." De certaine vision qui suivit sa mort. 65. La nuit même où l'esprit de ce saint homme s'envola vers le Seigneur, j'eus une vision. Je n'étais pas encore un frère selon l'habit, mais j'avais déjà émis ma profession entre ses mains. Je voyais donc les frères portés par un navire à travers les eaux. Puis le navire qui les portait coula ; mais les frères sortirent indemnes des eaux. J'estime que ce navire est frère Réginald lui-même, que les frères de ce temps, vraiment, considéraient comme le nourricier qui les portait. Autre vision. 66. Un autre eut également une vision avant la mort du frère. C'était une fontaine limpide qui se fermait ; deux autres jaillissaient aussitôt pour la remplacer. Je n'ose décider si cette vision disait vrai, car je suis trop conscient de ma propre stérilité. Mais je sais une chose, c'est qu'à Paris frère Réginald n'a reçu à la profession que deux personnes, dont je fus la première ; la seconde était frère Henri, le futur prieur de Cologne, l'ami le plus cher dans le Christ à mon affection singulière, je le crois, entre tous les mortels, vase d'honneur et de grâce, plus rempli de grâce qu'aucune créature que j'aie souvenir d'avoir aperçue dans la vie d'ici-bas. Puisque, dans sa maturité précoce, il s'est hâté de pénétrer dans le repos du Seigneur, il ne sera pas inutile de rappeler quel homme il fut et de quelles vertus. Suite : >>>> |




