11
juillet
Nous
parlons de "globalisation"
Malgré
les présages du psaume 49 et d'autres personnes qui parlaient
d'une récente expérience d'une journée sans
lumière ici-même, le courant électrique était
revenu à l'aube du lendemain.
Nous
célébrons Saint Benoît avec une Eucharistie
hispano-américaine. L'espagnol a été la langue
des laudes, de la messe et des vêpres. C'est le Fr. Pablo
Condrac, argentin, qui a présidé l'Eucharistie, et
les pièces musicales étaient propres à cette
vaste zone du monde ; y compris un "bolero tropical",
comme l'indiquait la partition, qui a été chanté
au moment de la communion : Des rythmes joyeux appliqués
à des textes profonds. Quelques puristes du "nord"
n'ont pas réussi à comprendre comment on pouvait unir
le sérieux eucharistique et les rythmes des Caraïbes.
Conférence
de Robert Schreider sur la globalisation. Réellement pleine
d'intérêt. Sous ce titre il a développé
les thèmes suivants : seconde décade de la globalisation
; les "temps mixtes" ; religion et violence.
Sur le premier point il a parlé de la globalisation des communications,
au niveau économique et socioculturel.
En
ce qui concerne les communications, ce qu'on appelle globalisation
offre des données comme celle-ci : tandis que aux Etats-Unis,
pour mille citoyens il y a 700 téléphones, au Bangladesh
deux seulement en possèdent.
La
globalisation économique coïncide avec la globalisation
de la misère qui englobe plus de personnes que celle de la
richesse.
L'exclusion de cette globalisation économique conduit à
une société multiculturelle, produit de l'émigration
des pauvres. En bien des lieux des Etats-Unis, il n'y a plus de
majorités ethniques et l'Islam avance vers l'Europe sans
qu'il y ait beaucoup de possibilités ni de raisons de l'arrêter.
"Temps
mixtes", c'est l'expression qui, en Amérique latine
décrit la coïncidence dans le temps et dans l'espace
du prémodernisme, du modernisme et du postmodernisme. Ceci
se voit d'une manière spéciale dans l'Eglise : la
culture de la sécurité prémoderne propre à
une certaine religiosité, la poursuite de la Théologie
de la Libération, et le fait d'être chrétien
dans le monde postmoderne du fragment. La division préconciliaire/conciliaire
n'est plus sociologiquement valable. Vatican II est de l'histoire,
cette bipolarisation a disparu. La Théologie doit nous aider
à trouver le plérôme, la plénitude au
milieu de ce mélange de partialités. La Trinité
est le mystère du moment, mystère de Dieu Trine et
Un, plutôt que Un et Trine.
Sur
religion et violence il a insinué trois points : la religion
comme prétexte pour justifier la violence ; la vérité
face à la rumeur ; la religion comme bouclier face a la modernisation
- le fondamentalisme religieux -; la violence au cur de la
religion : le sacrifice.
Pour
faire écho au texte de la conférence il y eut les
interventions de Fr. Paul Kuruvilla, d'Inde, de Fr. Albert Nolan,
d'Afrique du Sud, et de Fr. Maciej Zieba, provincial de Pologne.
Paul
exposa, sur la base de la connaissance de son pays, le fait de l'inexistence
d'une globalisation de valeurs, tandis que la tentative d'une économie
globale est ce qui conduit à la violence religieuse, quoique
masquée derrière des motifs religieux.: s'il y a persécution
de l'enseignement du christianisme c'est parce que celui-ci défend
la personne face aux divers intérêts économiques
qui ne tiennent pas compte de la personne.
Albert
Nolan fit une dénonciation enflammée de la situation
inhumaine de l'Afrique, où la globalisation non seulement
plonge tant de personnes dans la pauvreté mais en outre augmente
le nombre des pauvres, qui ne sont pas coupables de leur pauvreté.
On éclaire l'horizon par des initiatives comme M.A.P., qui
surgit dans cette même Afrique comme un engagement de solidarité.
Il affirma que la rationalité moderne n'a pas dépassé
le sentiment d'une supériorité du blanc sur le noir.
Finalement, à propos de violence et religion, il dit que
le christianisme est la religion du sacrifice, mais du sacrifice
dans lequel le Dieu-homme lui-même est la victime. C'était
la meilleure manière d'exprimer l'engagement de Dieu aux
côtés de toutes les victimes des divers sacrifices.
Le
Provincial de Pologne a centré son intervention sur la question
des "temps mixtes" pour montrer comment les présages
du XIXème siècle, qui annonçaient la mort de
la religion devant la force de la raison, ne s'étaient pas
réalisés : la religion est toujours vivante aujourd'hui.
Il y a une conviction très généralisée
de ce que, dans l'homme il existe une vérité objective
qu'il faut rechercher : non pas ma vérité ou ta vérité.
Renoncer à la vérité objective pour chercher
chacun sa vérité, c'est justifier la violence et l'oppression
de la vérité des plus forts. Le propre d'un dominicain
est l'engagement dans la découverte de cette vérité
objective. On doit être libre pour l'excellence, non pour
l'indifférence, a dit le Fr. Zieba, citant le Fr. Pinkaers
OP.
Dans
des groupes constitués par régions on a dialogué
sur la façon dont y est vécue la globalisation. Il
y eut de grandes idées, brillamment exposées par les
frères prêcheurs et par les invités (ou invitées),
mais on ne parvint pas à des conclusions pratiques. Ne soyons
pas trop pressés : le chapitre de la réflexion et
du dialogue vient à peine de commencer. Rien de ce qui a
été dit ne doit détourner ceux qui recevront
ces notes par des moyens globalisés de la lecture du texte
lui-même.
L'après-midi
fut consacrée à parler des candidats. Cela s'est accompli
par groupes linguistiques. D'abord, chaque groupe, après
avoir montré le profil du futur maître (en général
le profil ainsi proposé, saint Dominique n'aurait pu l'améliorer)
avança des prénoms et des noms. Ensuite les responsables
des groupes ont échangé les noms ainsi apparus. Au
cours de la seconde session de l'après-midi on les fit connaître
à chaque groupe. Et chaque groupe a décidé
quels seraient les frères qui auraient à comparaître
le lendemain devant chaque groupe linguistique afin d'être
interrogés sur leurs vices et leurs vertus, sur leur santé,
sur les langues qu'ils parlaient ou comprenaient et sur ce que l'on
pouvait espérer d'eux en cas d'élection.
Aucun
nom ne peut figurer ici. Même les invités, qui assistent
aux délibérations, étaient absents quand on
a parlé des candidats. 