Dernière mise à jour :
2001-07-17

Courriel du Chapitre



Chronique
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Chronique du Chapitre

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11 juillet

Nous parlons de "globalisation"

Malgré les présages du psaume 49 et d'autres personnes qui parlaient d'une récente expérience d'une journée sans lumière ici-même, le courant électrique était revenu à l'aube du lendemain.

Nous célébrons Saint Benoît avec une Eucharistie hispano-américaine. L'espagnol a été la langue des laudes, de la messe et des vêpres. C'est le Fr. Pablo Condrac, argentin, qui a présidé l'Eucharistie, et les pièces musicales étaient propres à cette vaste zone du monde ; y compris un "bolero tropical", comme l'indiquait la partition, qui a été chanté au moment de la communion : Des rythmes joyeux appliqués à des textes profonds. Quelques puristes du "nord" n'ont pas réussi à comprendre comment on pouvait unir le sérieux eucharistique et les rythmes des Caraïbes.

Conférence de Robert Schreider sur la globalisation. Réellement pleine d'intérêt. Sous ce titre il a développé les thèmes suivants : seconde décade de la globalisation ; les "temps mixtes" ; religion et violence.
Sur le premier point il a parlé de la globalisation des communications, au niveau économique et socioculturel.

En ce qui concerne les communications, ce qu'on appelle globalisation offre des données comme celle-ci : tandis que aux Etats-Unis, pour mille citoyens il y a 700 téléphones, au Bangladesh deux seulement en possèdent.

La globalisation économique coïncide avec la globalisation de la misère qui englobe plus de personnes que celle de la richesse.
L'exclusion de cette globalisation économique conduit à une société multiculturelle, produit de l'émigration des pauvres. En bien des lieux des Etats-Unis, il n'y a plus de majorités ethniques et l'Islam avance vers l'Europe sans qu'il y ait beaucoup de possibilités ni de raisons de l'arrêter.

"Temps mixtes", c'est l'expression qui, en Amérique latine décrit la coïncidence dans le temps et dans l'espace du prémodernisme, du modernisme et du postmodernisme. Ceci se voit d'une manière spéciale dans l'Eglise : la culture de la sécurité prémoderne propre à une certaine religiosité, la poursuite de la Théologie de la Libération, et le fait d'être chrétien dans le monde postmoderne du fragment. La division préconciliaire/conciliaire n'est plus sociologiquement valable. Vatican II est de l'histoire, cette bipolarisation a disparu. La Théologie doit nous aider à trouver le plérôme, la plénitude au milieu de ce mélange de partialités. La Trinité est le mystère du moment, mystère de Dieu Trine et Un, plutôt que Un et Trine.

Sur religion et violence il a insinué trois points : la religion comme prétexte pour justifier la violence ; la vérité face à la rumeur ; la religion comme bouclier face a la modernisation - le fondamentalisme religieux -; la violence au cœur de la religion : le sacrifice.

Pour faire écho au texte de la conférence il y eut les interventions de Fr. Paul Kuruvilla, d'Inde, de Fr. Albert Nolan, d'Afrique du Sud, et de Fr. Maciej Zieba, provincial de Pologne.

Paul exposa, sur la base de la connaissance de son pays, le fait de l'inexistence d'une globalisation de valeurs, tandis que la tentative d'une économie globale est ce qui conduit à la violence religieuse, quoique masquée derrière des motifs religieux.: s'il y a persécution de l'enseignement du christianisme c'est parce que celui-ci défend la personne face aux divers intérêts économiques qui ne tiennent pas compte de la personne.

Albert Nolan fit une dénonciation enflammée de la situation inhumaine de l'Afrique, où la globalisation non seulement plonge tant de personnes dans la pauvreté mais en outre augmente le nombre des pauvres, qui ne sont pas coupables de leur pauvreté. On éclaire l'horizon par des initiatives comme M.A.P., qui surgit dans cette même Afrique comme un engagement de solidarité. Il affirma que la rationalité moderne n'a pas dépassé le sentiment d'une supériorité du blanc sur le noir. Finalement, à propos de violence et religion, il dit que le christianisme est la religion du sacrifice, mais du sacrifice dans lequel le Dieu-homme lui-même est la victime. C'était la meilleure manière d'exprimer l'engagement de Dieu aux côtés de toutes les victimes des divers sacrifices.

Le Provincial de Pologne a centré son intervention sur la question des "temps mixtes" pour montrer comment les présages du XIXème siècle, qui annonçaient la mort de la religion devant la force de la raison, ne s'étaient pas réalisés : la religion est toujours vivante aujourd'hui. Il y a une conviction très généralisée de ce que, dans l'homme il existe une vérité objective qu'il faut rechercher : non pas ma vérité ou ta vérité. Renoncer à la vérité objective pour chercher chacun sa vérité, c'est justifier la violence et l'oppression de la vérité des plus forts. Le propre d'un dominicain est l'engagement dans la découverte de cette vérité objective. On doit être libre pour l'excellence, non pour l'indifférence, a dit le Fr. Zieba, citant le Fr. Pinkaers OP.

Dans des groupes constitués par régions on a dialogué sur la façon dont y est vécue la globalisation. Il y eut de grandes idées, brillamment exposées par les frères prêcheurs et par les invités (ou invitées), mais on ne parvint pas à des conclusions pratiques. Ne soyons pas trop pressés : le chapitre de la réflexion et du dialogue vient à peine de commencer. Rien de ce qui a été dit ne doit détourner ceux qui recevront ces notes par des moyens globalisés de la lecture du texte lui-même.

L'après-midi fut consacrée à parler des candidats. Cela s'est accompli par groupes linguistiques. D'abord, chaque groupe, après avoir montré le profil du futur maître (en général le profil ainsi proposé, saint Dominique n'aurait pu l'améliorer) avança des prénoms et des noms. Ensuite les responsables des groupes ont échangé les noms ainsi apparus. Au cours de la seconde session de l'après-midi on les fit connaître à chaque groupe. Et chaque groupe a décidé quels seraient les frères qui auraient à comparaître le lendemain devant chaque groupe linguistique afin d'être interrogés sur leurs vices et leurs vertus, sur leur santé, sur les langues qu'ils parlaient ou comprenaient et sur ce que l'on pouvait espérer d'eux en cas d'élection.

Aucun nom ne peut figurer ici. Même les invités, qui assistent aux délibérations, étaient absents quand on a parlé des candidats. puce

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