1
août
Mémoire
de Mgr Pierre Claverie, OP, assassiné il y a cinq ans
En
la fête de saint Alphonse-Marie de Liguori, le provincial
des Philippines préside la célébration. L'un
de ses définiteurs prêche. C'est un frère philippin,
des anciens fils de la province du Rosaire. Il parle parfaitement
l'espagnol mais aujourd'hui il ne l'a pas montré. En anglais
et sans notes. Il n'en avait pas besoin pour nous dire que nous
avons des trésors et des perles dont nous devons prendre
soin : notre foi, notre vocation. Il a raconté la vie et
la mort d'un frère de la province du Saint Nom des Etats-Unis
qui est allé aux Philippines comme aumônier militaire
et s'est consacré ensuite aux lépreux. Lui-même
est mort lépreux. La province a commencé son procès
de béatification. Un frère malais, de la province
du Canada, a proclamé l'évangile. Les cérémonies
sont de plus en plus simples dans la mesure même où
se complique ce qui se passe à l'étage inférieur,
c'est-à-dire dans la salle des assemblées capitulaires.
A l'entrée résonnait l'orgue fantastique de l'église.
C'est le provincial de la province de Saint-Joseph qui jouait. Justement
hier, étaient apparues quelques photographies à l'entrée
de l'église où on expliquait la prouesse technique
qu'il avait fallu accomplir pour le monter et le placer là
où il se trouve.
La
discussion dans la salle a commencé par "vocations et
formation". C'est un texte original. Le terme le plus employé
dans le document n'est pas vocation et formations, mais mondialisation.
On y parle du "cur des vocations d'aujourd'hui : la réalité
de la mondialisation ; mondialisation comme contexte ; mondialisation
comme matière appropriée". Puis on parle du "cur
de la formation" : contemplari et contemplata aliis, et de
la contemplation et de la formation initiale, la contemplation dans
la formation continue, la contemplation et les formateurs".
Tout cela parce que "les thèmes de la mondialisation
et la contemplation sont donc inséparables
" On
a aussi parlé de vocations et formation.
Le
texte est passé par six brouillons en commission. De nouveau,
corrections, et corrections de la correction. Nombreuses interventions.
Par deux fois il a été demandé que le sujet
soit considéré comme traité alors qu'il y avait
pas mal de personnes attendant leur tour pour parler.
On
recommande des exigences de silence et de méditation en commun
pour les maisons de formation. Ceci se trouve déjà
dans un livre des Constitutions. Et pas appliqué aux maisons
de formation mais à toutes. Si on le recommande c'est qu'il
semble bien que ce ne soit pas accompli.
Session
de l'après-midi : le comité de direction du chapitre
a demandé à l'assemblée l'approbation d'une
interprétation nouvelle de la façon de procéder
aux sessions plénières, afin d'éviter d'éternelles
discussions sur des aspects explicatifs pour se centrer davantage
sur les aspects juridiques : pétitions, ordinations, recommandations
,
etc..
Ces
normes de procédure sont en vigueur depuis le chapitre de
Mexico et il est nécessaire de mieux les structurer. Les
modérateurs ont été chargés d'en faire
une nouvelle rédaction. Pour parler du prologue et des textes
explicatifs il faut s'inscrire auprès du secrétaire
ou envoyer ses corrections par écrit. Pour les textes juridiques
ce n'est pas nécessaire.
Tout
ce qui concerne le gouvernement a été approuvé,
après l'approbation d'une question pendante concernant les
relations entre provinces et vicariats.
On
est passé à la considération de ce qui manquait
à "Défis pour la mission : la mondialisation".
Quelques sujets concrets à propos de l'utilisation des moyens
de communication sociale.
Dans
le document il est demandé que lors des diverses rencontres
de l'Ordre dans certaines régions ou zones il y ait une attention
à l'égard des sectes et des nouveaux courants spirituels,
sans préciser s'il s'agit de celles et ceux qui sont en marge
de l'Eglise ou aussi de ceux qui sont à l'intérieur.
Tous -sectes et nouveaux courants spirituels- se rencontrent dans
une attitude de résistance et de peur à l'égard
des options autres, dans une grande préoccupation pour ce
qui est religieux, prosélytisme et acceptation de la société
néo-libérale.
Un
appel pour que l'Ordre soit présent, à travers sa
commission "justice et paix", dans les centres de décision
; préoccupation pour la sauvegarde de la création
; défense des pauvres de l'Ordre, c'est-à-dire des
entités, des maisons qui ont besoin de ressources financières
et humaines. Le document a été approuvé.
De
l'autre document, celui sur les défis, il restait aussi quelques
points à approuver. Le document a poursuivi sa ligne de corrections
importantes en salle capitulaire bien qu'on n'eût pas présenté
de corrections par écrit. Les nouvelles normes seront en
vigueur demain.
La
commission formule quatre recommandations en vue de faire travailler
le Maître et les officiels de la curie. Mais il y avait là
des officiels de la curie, qui n'ont pas droit de vote mais qui
ont voix au chapitre. ¡Et quelle voix! La commission, après
leur intervention, a retiré les quatre recommandations. Une
retraite à temps vaut mieux qu'une déroute, ont toujours
dit les stratèges. On a approuvé le prologue et, avec
lui, le document.
Au
début des vêpres le provincial de France, Fr. Eric,
nous a rappelé que le 1er août 1996 Mgr. Pierre Claverie,
évêque d'Oran, mourait assassiné. Il a lu un
paragraphe de l'homélie qu'avait prononcée Mgr. Claverie,
un mois avant sa mort. Il y répondait à ceux qui lui
demandaient depuis le commencement du drame algérien pourquoi
il restait en Algérie : "Pour la cause de Jésus,
parce que c'est lui qui souffre ici, dans cette violence à
laquelle nul n'échappe, crucifié de nouveau dans la
chair de milliers d'innocents."
C'est
arrivé en salle capitulaire
Le
président de la commission "Vocations et formation"
a prévenu : "Attention à vos interventions, je
suis docteur en psychologie". Le rapporteur a salué
de cette façon : "Bonjour, moi je m'appelle Freud."
Les assistants n'en ont pas été impressionnés.
Un
membre de l'assemblée a fait une mise au point pour le cas
où on ne comprendrait pas bien : "Les 'lieux de fracture'
ne sont pas des mouvements sismiques."
A
propos du fait qu'il faut soutenir ceux qui ont capacité
et goût pour écrire, quelqu'un a commenté qu'il
n'est guère facile de discerner quand on a la capacité
mais pas le goût, que certains écrivent sans en avoir
le goût et que d'autres aiment écrire alors qu'ils
n'en ont pas la capacité. Tout un éventail à
l'intérieur du sain pluralisme dominicain.
Un
autre a admis sa mauvaise maîtrise du français : "J'en
sais juste ce qu'il faut pour lire un menu".

(Traduit
de l'espagnol)