20
juillet
Premiers
brouillons des textes
La
liturgie d'aujourd'hui était confiée aux Provinces
du Chili, Pérou et Colombie. Messe présidée
par un ressortissant des Etats-Unis, provincial du Pérou,
où il réside depuis plus de 30 ans: le grand Lino
Dolan. Lors de la monition d'ouverture, il nous a invités
à recourir à la miséricorde de Dieu, puisque
nous allions prier le psaume 50, et à être des messagers
de l'évangile, comme nous venions de le chanter. La musique
de ce jour a été composée en grande partie
par Fr. Orlando Rueda, colombien, ayant voix à ce chapitre
Sa musique fut accompagnée par une clarinette, deux guitares,
tandis qu'il était au piano et Fr. Fausto à la percussion.
Le provincial de Colombie a prêché d'une bonne voix
forte. C'est que l'on célébrait la fête de la
Colombie, l'anniversaire de son émancipation. Le prédicateur
a commenté la première lecture lue par un Etatsunien
qui lui aussi a passé de nombreuses années au Pérou.
Il nous a dit que la première Pâque, la libération
des Juifs du pouvoir des Egyptiens fut le plus grand exploit accompli
par Dieu, il a changé le peuple Juif en son peuple de prédilection.
Il y a longtemps, la Colombie s'est aussi libérée
de l'Espagne, mais pour tomber, dit-il, sous d'autres oppressions,
plus fortes et plus sophistiquées. Il a supplié le
chapitre, s'il est vraiment un chapitre de dominicains, de lancer
un nouveau cri afin que commence une nouvelle libération
de l'oppression actuelle.
Les
sessions plénières ont commencé. Le comité
de direction veut introduire quelques changements dans les règles
de procédure approuvées le premier jour, dans le but
d'alléger les sessions. Les changements proposés à
l'assemblée ont été approuvés.
Quatre
commissions ont présenté leur brouillon à l'assemblée.
On a commencé par la commission des Constitutions. On a approuvé
les ordinations des chapitres antérieurs. Selon nos lois,
il faut les voter en chapitres successifs pour qu'elles demeurent
en vigueur jusqu'à ce qu'elles deviennent des "constitutions".
Il n'y eut pas de problèmes , jusqu'à ce qu'on aborde
un thème qui a opposé Caleruega et Bologne, c'est
à dire les définiteurs et les provinciaux. A Caleruega
les définiteurs ont défini qu'il ne pouvait y avoir
de maison formée s'il n'y avait pas au moins quatre frères.
A Bologne les provinciaux ont abrogé cette ordination. Dans
la salle les uns étaient partisans de l'ordination de Caleruega,
pour donner un plus grand et meilleur témoignage de notre
vie commune. D'autres, particulièrement les vicaires des
lieux où l'Ordre et en train de s'introduire, affirmaient
que l'important c'est d'exister, que si la maison ne compte pas
trois frères elle peut n'en compter que trois, elle grandira.
Finalement le vote fut en faveur de l'abrogation de l'ordination
faite par le chapitre des provinciaux de Bologne.
Puis
ce fut l'ébauche des deux commissions sur "les défis
de la mission". L'une en français, l'autre en anglais.
La première présentait la mission dans les divers
contextes laïcs, ceux des autres religions, les contextes chrétiens
aussi, parmi lesquels ceux qui ne sont chrétiens que de nom,
et dans le monde des fondamentalistes
Ensuite ils ont présenté
les défis qui naissent de la dignité de la personne
humaine, pour esquisser ce que pourrait être "la nouvelle
évangélisation". Il paraît que cette expression
est à la mode. Quelqu'un a demandé si les "frontières"
et "priorités" des chapitres antérieurs
devaient être remplacés par "les défis".
Et après, la "globalisation" (les Français
préfèrent "mondialisation"). Pour finir
ayons confiance en la globalisation ou mondialisation du salut,
malgré la porte étroite: "O Dieu, que tous les
hommes se sauvent!" Le projet n'a pas plu à tous et
l'on a recommandé à la commission d'être plus
concrète dans les suggestions et démarches proposées.
L'après-midi,
la commission pour la vie intellectuelle nous a présenté
un beau texte ambitieux. Elle a annoncé en outre tous les
thèmes à aborder. Elle a parlé de la "misericordia
veritatis" qui doit nuancer la "caritas veritatis",
car en ce monde tout n'est pas " gaudium et spes" , mais
aussi "douleurs et anxiétés". Les rapporteurs
sont convaincus de ce que l'étude est le remède aux
douleurs et aux anxiétés. L'étude doit toujours
être faite dans l'humilité. Ne pas étudier pour
faire carrière; enseigner n'est pas se situer comme un maître.
Et l'étude de la philosophie: la philosophie n'est pas un
obstacle à passer pour arriver à la théologie
et pouvoir user de termes techniques, compris d'un si petit nombre;
c'est répondre aux questions de Kant: "que pouvons-nous
connaître? Que devons-nous faire? Que nous appartient-il d'espérer?
Qui est Dieu? et en définitive Qui est l'homme? Fr. Peter
Lobo, vocal venu de l'Inde, nous a fait remarquer qu'avant que Kant
ne pose ces questions, en Inde elles avaient été posées
et on y avait répondu. On a parlé aussi de "la
recherche de la sainteté par l'étude."
La
prière du soir était présidée par le
vicaire général du Chili, Fr. Enrique Gonzalez Riloba.
Elle s'est achevée par un chant vibrant à "Dominique,
la voix de l'Amérique", composé aussi par le
Fr. Orlando Rueda.
Brèves
nouvelles
A midi
aujourd'hui, sous un soleil rayonnant, on a pris les photos officielles
du chapitre. D'abord toutes les personnes présentes au chapitre
(capitulaires, traducteurs, interprètes, secrétaires,
invités). Une première photo où chacun arborait
un numéro qui lui avait été assigné
pour l'identification ultérieure, par égards pour
les futurs historiens, puis une seconde photo sans signe distinctif.
Après quoi ce furent les photographies des capitulaires.
Le chien noir et blanc, très dominicain, en souvenir de notre
fondateur était au rendez-vous.
Fr.
Virgilo Ambrosini, vocal de la province de Saint Dominique d'Italie
a dû rentrer dans son pays pour se soumettre aux soins médicaux
qu'il avait interrompus pour assister aux premiers jours du chapitre.
Son substitut est arrivé aujourd'hui, Fr. Roberto Taddei.
Bienvenue!
Fr.
Michel Van Aerde, le provincial de Toulouse a dû aller à
l'hôpital, se faire opérer de la vésicule. Il
a tenu le coup comme un preux durant quelques jours, mais il était
impossible de continuer à vivre avec cet organe. Tout va
bien.
A la
fin du jour, les jeunes étudiants de la province de Saint
Joseph aux Etats-Unis ont organisé une heure sainte (de 9
heures à 10 heures du soir). Chants, prière de louange
et méditation devant le Saint Sacrement, avec récitation
du chapelet. 
(Traduit
de l'espagnol)