Dernière mise à jour :
2001-07-30

Courriel du Chapitre



Chronique
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Chronique du Chapitre

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25 juillet

Saint Jacques Apôtre, fête de l'Espagne et patron de la province du Mexique.

Le provincial du Mexique, entouré des deux définiteurs de la province, préside la messe. Cela a commencé sur un rythme rapide, mais bien vite en a pris un plus serein et paisible. Surtout la parole du prédicateur qui a pris son temps. Fr. Eduardo Cuenca a dit de belles choses. Il a excusé la mère des fils de Zébédée : la seule chose qu'elle demandait est que ses fils soient très unis au Seigneur. Il a loué leur forte personnalité quand ils ont dit d'une façon catégorique : "oui, nous le pouvons". La mère ne voulait rien pour elle et ses fils ne cherchaient pas leur intérêt propre mais à servir. Et ils ont bu le calice. Le résumé en anglais et en français a permis aux polyglottes d'entendre trois fois l'homélie. La liturgie s'est achevée sur le chant par lequel elle avait commencé : "Demos gracia al Señor, demos gracia" ("Rendons grâce au Seigneur, rendons-lui grâce"). Pour l'Eucharistie? ou parce que, enfin, la célébration était terminée au bout de 75 minutes?

Fr. Albert Nolan a exposé le document sur la "contemplation". Il a montré que le désir de contemplation est un signe de notre temps, à l'intérieur et hors de l'Ordre, c'est pourquoi on avait constitué une commission pour en traiter. Une contemplation fidèle à la tradition, libre, qui ne se donne pas de méthodes et de techniques ; et une discipline pour dépasser les aridités, sécheresses, paresses et suractivisme.. Savourant le silence et donnant son sens à la liturgie. Il s'est demandé comment rendre communautaire la contemplation, comment créer l'écosystème où elle puisse se développer, à savoir les observances régulières qu'on ne mentionne presque jamais. Il a montré l'impossibilité de prétendre entrer dans le mystère de Dieu sans vouloir entrer dans celui de l'homme, et d'une manière particulière dans le mystère de Jésus de Nazareth tel que nous le voyons dans les évangiles. Devant l'insistance d'un capitulaire sur la liturgie comme moment clef de la contemplation, quelqu'un a fait remarquer que oui, mais avec des moments de silence pour ruminer ce qui se dit et se chante. Il n'est pas facile de distinguer la contemplation esthétique et la contemplation religieuse ; le spectacle et la prière.

Second document : "Vie de communauté". C'est Fr. Luis de Franca qui l'a présenté. Le texte est clair et concret. Ceux qui l'ont préparé sont conscients de ce que beaucoup de choses ont été dites et bien dites dans les chapitres précédents. Il affirme le nécessité de la vie affective même pour se connaître et connaître les autres. Il insiste sur la vie communautaire mais en avertissant de ce qu'il faut en payer le prix. Commençons simplement par nous laisser voir dans les actions de la communauté, et en accomplissant le b-a-ba de notre pauvreté : ce que nous avons, ce que nous touchons appartient à la communauté. Dépasser les tentations contre la vie commune : hédonisme, solitude autiste - ou solitude devant Internet - servitudes et dépendances… Et le thème star, la "violence dans la vie de communauté". Bien sûr, la violence verbale ou psychologique : paroles déplacées, silences insultants, oubli de certaines personnes, nationalismes, agissements à l'encontre des décisions communautaires… Poursuivons-nous le projet communautaire sur lequel on insiste depuis Oakland, ou disons-nous simplement, surtout pour ceux qui contestent que ce projet soit dans le LCO, qu'il faut accomplir les numéros 6, 7 §I et II,307, 311 §I, 1° et 3° ?

Et l'obéissance. On doit chercher en commun la volonté de Dieu, mais il faut bien finir par accomplir la volonté des instances des supérieurs. La volonté de Dieu ne peut pas se trouver à un endroit et ce que le gouvernement juste ordonne, à un autre. Pour finir, un paragraphe consacré aux frères coopérateurs.

Fr. Brian Pierce a présenté le document sur "les moniales". Le modèle de moniale selon ce chapitre sera sainte Elisabeth, la cousine de Marie : en elle se personnifie l'attente douloureuse du peuple, qui aspire à la miséricorde de Dieu ; elle accueille la Parole, portée par Marie ; et elle engendre celui qui va la prêcher, Jean. Ainsi, la moniale, dans le silence, l'attente et l'espérance représente l'humanité souffrante ; elle fait de sa vie une rencontre avec la parole, sa vie est une "lectio divina" et, depuis sa clôture et en elle, elle accueille le prédicateur qui portera ensuite la parole.

Les frères doivent prêter attention aux monastères. Nous les frères, nous avons aussi besoin des moniales. Et pas seulement prêter attention : les frères ne veulent pas seulement qu'elles soient de bonnes disciples ou pénitentes, ils veulent leur amitié (Dominique/Cécile, Jourdain/Diane).

Voilà une prédication dominicaine. Dans leur formation les frères doivent savoir ce que signifie être une moniale dominicaine. Des projets pour l'avenir : faut-il renforcer les monastères existants ou penser à de nouvelles fondations ? Faire une carte des absences et des présences pour voir où il n'y en a pas alors qu'il doit y en avoir, et où leur présence est déjà suffisante. Faut-il nous préoccuper de quelque monastère qui serve d'emblème, comme celui de Prouille, afin de lui donner une dimension internationale ? Un point très délicat : que faire quand il y a un bâtiment, mais qu'il n'y a pas de communauté capable de mener une vie contemplative dominicaine pour cause de maladie, vieillesse, nombre trop réduit ? Comment constituer la Commission Internationale de Moniales ?

Pour finir on a présenté une sorte de vision théologique de saint Dominique et les Moniales de l'Ordre des Prêcheurs. Les moniales sont au cœur de la prédication de saint Dominique, prédication qui est universelle. C'est à cela que fait référence la profession que les Moniales font au Maître. Mais, autant la prédication que le monastère prétendent fortifier ou fonder des églises locales. Chez les moniales ceci se manifeste par leur profession à la prieure.

Enfin les frères du chapitre se sont rendu compte de ce que celle-ci était une commission spéciale : les moniales ont leurs Constitutions approuvées par le Saint Siège.

Les trois textes furent très bien accueillis. On ajouta des notes, des corrections, des suggestions. Il n'y pas encore de propositions concrètes et il n'y a pas eu de votes.

Curiosités

La lumière est à nouveau partie. En plus une alarme s'est déclenchée, des pompiers et la police sont venus, mais on avait besoin d'électriciens. Nous sommes restés sans électricité depuis 4h30 de l'après-midi jusqu'à 5h15 du matin suivant. Pour certains c'est réconfortant que cela arrive aussi aux Etats-Unis.

A propos de sainte Elisabeth présentée comme modèle de contemplation complémentaire de Marie, un capitulaire a commenté disant qu'il avait étudié et donné des cours de mariologie, mais pas de "élisabethologie".

En pleine homélie, on a commencé soudain à entendre de grands bruits dans le micro. L'orateur parlait alors des "fils du tonnerre".

Un frère intervient en assemblée plénière. "Je crois que le paragraphe commence par une présentation négative de la réalité et cela…" Les "vocaux" regardent leurs papiers, et ils n'y voient rien de ce qu'affirme l'intervenant, et quelqu'un lui dit : "Ecoute, tu es sur un document autre que celui dont nous traitons !" ("Papelorum confusio"). puce

(Traduit de l'espagnol)

 

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