Dernière mise à jour :
2001-07-31

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Chronique
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Chronique du Chapitre

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28 juillet

Humaniser la globalisation

La vice-province de Saint Vincent Ferrier en Amérique Centrale et le Vicariat Général de Sainte Croix de Porto Rico sont chargés de la liturgie. Elle commence par la messe nicaraguayenne avec ses rythmes et son cachet intime et populaire: pas d'orgue, ni même le noble piano, il y a seulement la guitare et les instruments de percussion. C'est le Fr. Pablo Iribarren, le vice-provincial qui préside, et il présente les pays représentés par Mario Rodriguez, vicaire de Porto Rico, et par lui-même: des terres de cyclones, de tremblements de terre, mais où l'espérance ne manque pas. Frère Mario, dans une diction impeccable, lance des pensées qui valent la peine d'être méditées. C'était l'évangile de l'ivraie qui pousse en même temps que le blé: "laissez les croître ensemble". Veillons sur le blé, ne nous préoccupons pas d'arracher l'ivraie; ce qui nous appartient, à nous dominicains, ce n'est pas d'exorciser, mais de semer et cultiver le bon grain, conscients de la réalité de l'ivraie qui pousse autour de nous et en nous. Il y eut de l'enthousiasme et de la joie durant la messe, c'est l'Amérique Latine.

La commission "Défis à la mission: globalisation" a présenté son deuxième brouillon. Elle a rappelé que c'était la première fois qu'un chapitre traitait ce sujet, et que la globalisation (en français "mondialisation" affecte tous le monde dans tous les continents. Après avoir décrit ce que l'on entend par globalisation et ses conséquences, le texte parle des défis que la globalisation offre au prêcheur. Comme thèmes principaux: nécessité et acceptation de l'interdépendance; considérer les aspects positifs et négatifs de la globalisation; reconnaître que le prédicateur dominicain est à la fois citoyen d'une région et citoyen du monde; appel à une plus grande solidarité au sein de l'Ordre. C'est la commission la plus nombreuse: 18 frères de 15 pays. Ils ont pris pour titre "Humaniser la globalisation".

Le document est bon et intéressant; il s'efforce de répondre à la question: que faire devant cette globalisation telle qu'elle existe dans le monde, dans l'Eglise et dans l'Ordre ? Pour ne pas partir d'une conception négative d'un pareil phénomène, on nous dit "pourquoi ne nous globalisons-nous pas davantage, pourquoi ne sommes-nous pas plus disposés à nous déplacer d'un lieu à l'autre, nous sentant chez nous partout et appréciant les valeurs propres à chaque lieu?. Pourquoi être villageois, provinciaux dans le monde globalisé?" Et l'appui de l'Ecriture: Jésus priait "pour que nous soyons tous un". Avec ces fondements, qui irait voter contre?

Le dernier paragraphe traite des recommandations, pétitions et ordinations. Parmi elles, on recommande internet pour tous. Et on prescrit d'écrire des livres (en raison du risque qu'internet ne rende les livres inutiles). Mais les ordinations sont imprécises: qui doit aider les maisons d'édition, qui doit faire en sorte que les frères reçoivent la formation nécessaire pour pouvoir écrire et parler en public…, etc. Comme le texte ne le précise pas, on le rend à la commission.

La session de l'après-midi fut lente, un peu ennuyeuse. La menace de reprendre après le dîner n'a même pas activé un débat parfois enchevêtré dans des questions sémantiques. Le document parle de presque tout: les défis que nous offre le monde. Son titre est "L'appel de ceux qui nous entourent". Et ceux qui nous entourent et nous appellent sont nombreux. il traite des défis des religions et du monde "a-religieux", des fondamentalismes, aussi bien au-dedans qu'en dehors du christianisme. On parle des atteintes à la liberté humaine, des injustices sociales, politiques et sexuelles. Du déterminisme et des systèmes politiques de corruption, de la violence contre la vie et de la biotechnologie.

On a fait des corrections, on a corrigé la correction, on a écarté les corrections. On a renvoyé à la commission une partie de son texte. Aujourd'hui cela n'a pas été fait, mais pour les jours à venir il faudra nécessairement poursuivre après le dîner…

Le courage manquait pour de longues célébrations à la fin de la session. Mais nous avons célébré avec piété la liturgie de la lumière. Ce fut de nouveau la vivacité de la liturgie d'Amérique Latine. La simple psalmodie de Sœur Carmen Villar, moniale du monastère de Vivero, Lugo (Espagne) qui a composé le ton des psaumes en espagnol, et l'hymne "Dominique, ta voix en Amérique", de Fr. Orlando Rueda.

Le soir, la majorité des capitulaires se sont distraits en regardant la video de l'Asssemblée de Manille, pleine de couleur et de créativité.

Ceci est arrivé dans la salle capitulaire…

*L'injustice "sexuelle" du texte anglais s'est transformée en injustice "sociale" dans la traduction espagnole. (Il est clair que cette petite coquille n'enlève rien à la reconnaissance unanime du travail délicat, constant et soigneux des traducteurs).

*Un capitulaire n'a pas aimé l'expression "le monde créé par Dieu", il préférait que l'on parle du "monde comme corps de Dieu". Le prétendu amendement n'a reçu aucun soutien. Mais le "panthéiste" n'a pas été brûlé. Autres temps que ceux de Giordano Bruno…

*N'a trouvé non plus aucun soutien une proposition demandant que les dominicains soutiennent l'ordination des femmes. Et la proposition n'était venue ni des moniales, ni des religieuses ni de la laïque dominicaine présentes… puce

(Traduit de l'espagnol)

 

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