28
juillet
Humaniser
la globalisation
La
vice-province de Saint Vincent Ferrier en Amérique Centrale
et le Vicariat Général de Sainte Croix de Porto Rico
sont chargés de la liturgie. Elle commence par la messe nicaraguayenne
avec ses rythmes et son cachet intime et populaire: pas d'orgue,
ni même le noble piano, il y a seulement la guitare et les
instruments de percussion. C'est le Fr. Pablo Iribarren, le vice-provincial
qui préside, et il présente les pays représentés
par Mario Rodriguez, vicaire de Porto Rico, et par lui-même:
des terres de cyclones, de tremblements de terre, mais où
l'espérance ne manque pas. Frère Mario, dans une diction
impeccable, lance des pensées qui valent la peine d'être
méditées. C'était l'évangile de l'ivraie
qui pousse en même temps que le blé: "laissez
les croître ensemble". Veillons sur le blé, ne
nous préoccupons pas d'arracher l'ivraie; ce qui nous appartient,
à nous dominicains, ce n'est pas d'exorciser, mais de semer
et cultiver le bon grain, conscients de la réalité
de l'ivraie qui pousse autour de nous et en nous. Il y eut de l'enthousiasme
et de la joie durant la messe, c'est l'Amérique Latine.
La
commission "Défis à la mission: globalisation"
a présenté son deuxième brouillon. Elle a rappelé
que c'était la première fois qu'un chapitre traitait
ce sujet, et que la globalisation (en français "mondialisation"
affecte tous le monde dans tous les continents. Après avoir
décrit ce que l'on entend par globalisation et ses conséquences,
le texte parle des défis que la globalisation offre au prêcheur.
Comme thèmes principaux: nécessité et acceptation
de l'interdépendance; considérer les aspects positifs
et négatifs de la globalisation; reconnaître que le
prédicateur dominicain est à la fois citoyen d'une
région et citoyen du monde; appel à une plus grande
solidarité au sein de l'Ordre. C'est la commission la plus
nombreuse: 18 frères de 15 pays. Ils ont pris pour titre
"Humaniser la globalisation".
Le
document est bon et intéressant; il s'efforce de répondre
à la question: que faire devant cette globalisation telle
qu'elle existe dans le monde, dans l'Eglise et dans l'Ordre ? Pour
ne pas partir d'une conception négative d'un pareil phénomène,
on nous dit "pourquoi ne nous globalisons-nous pas davantage,
pourquoi ne sommes-nous pas plus disposés à nous déplacer
d'un lieu à l'autre, nous sentant chez nous partout et appréciant
les valeurs propres à chaque lieu?. Pourquoi être villageois,
provinciaux dans le monde globalisé?" Et l'appui de
l'Ecriture: Jésus priait "pour que nous soyons tous
un". Avec ces fondements, qui irait voter contre?
Le
dernier paragraphe traite des recommandations, pétitions
et ordinations. Parmi elles, on recommande internet pour tous. Et
on prescrit d'écrire des livres (en raison du risque qu'internet
ne rende les livres inutiles). Mais les ordinations sont imprécises:
qui doit aider les maisons d'édition, qui doit faire en sorte
que les frères reçoivent la formation nécessaire
pour pouvoir écrire et parler en public
, etc. Comme
le texte ne le précise pas, on le rend à la commission.
La
session de l'après-midi fut lente, un peu ennuyeuse. La menace
de reprendre après le dîner n'a même pas activé
un débat parfois enchevêtré dans des questions
sémantiques. Le document parle de presque tout: les défis
que nous offre le monde. Son titre est "L'appel de ceux qui
nous entourent". Et ceux qui nous entourent et nous appellent
sont nombreux. il traite des défis des religions et du monde
"a-religieux", des fondamentalismes, aussi bien au-dedans
qu'en dehors du christianisme. On parle des atteintes à la
liberté humaine, des injustices sociales, politiques et sexuelles.
Du déterminisme et des systèmes politiques de corruption,
de la violence contre la vie et de la biotechnologie.
On
a fait des corrections, on a corrigé la correction, on a
écarté les corrections. On a renvoyé à
la commission une partie de son texte. Aujourd'hui cela n'a pas
été fait, mais pour les jours à venir il faudra
nécessairement poursuivre après le dîner
Le
courage manquait pour de longues célébrations à
la fin de la session. Mais nous avons célébré
avec piété la liturgie de la lumière. Ce fut
de nouveau la vivacité de la liturgie d'Amérique Latine.
La simple psalmodie de Sur Carmen Villar, moniale du monastère
de Vivero, Lugo (Espagne) qui a composé le ton des psaumes
en espagnol, et l'hymne "Dominique, ta voix en Amérique",
de Fr. Orlando Rueda.
Le
soir, la majorité des capitulaires se sont distraits en regardant
la video de l'Asssemblée de Manille, pleine de couleur et
de créativité.
Ceci
est arrivé dans la salle capitulaire
*L'injustice
"sexuelle" du texte anglais s'est transformée en
injustice "sociale" dans la traduction espagnole. (Il
est clair que cette petite coquille n'enlève rien à
la reconnaissance unanime du travail délicat, constant et
soigneux des traducteurs).
*Un
capitulaire n'a pas aimé l'expression "le monde créé
par Dieu", il préférait que l'on parle du "monde
comme corps de Dieu". Le prétendu amendement n'a reçu
aucun soutien. Mais le "panthéiste" n'a pas été
brûlé. Autres temps que ceux de Giordano Bruno
*N'a
trouvé non plus aucun soutien une proposition demandant que
les dominicains soutiennent l'ordination des femmes. Et la proposition
n'était venue ni des moniales, ni des religieuses ni de la
laïque dominicaine présentes

(Traduit
de l'espagnol)