2
août
Fête
de la grand-mère, la bienheureuse Jeanne d'Aza
Liturgie
confiée aux provinces d'Espagne, Aragon et Bétique.
Accompagné par le Fr. Melchior Abol, de la province d'Andalousie,
le provincial de la province d'Aragon a présidé et
prêché l'homélie, en cette année du septième
centenaire de sa province.. Il nous a dit que la bienheureuse Jeanne
d'Aza a sans aucun doute exercé une influence sur la personnalité
de son fils, Dominique, de même que chacune de nos mères
a cherché à donner à ses fils le meilleur d'elle-même.
Et ce que Dominique a reçu d'elle a produit beaucoup de fruit.
Que nous a légué le fils de la bienheureuse Jeanne?:
l'évangélisation à partir de la pauvreté;
l'itinérance, la mobilité et la recherche; l'ouverture
au monde où il a vécu, le sens de la réalité.
Dominique regarde vers le futur, il ne le craint pas, mais il le
prépare. Et " de cela, nous en sommes tous témoins".
Si nous sommes en harmonie avec les intuitions de Dominique et si
nous nous encourageons mutuellement à être fidèles
à l'Evangile, alors notre vie sera un don pour les hommes
et les femmes d'aujourd'hui. Ainsi soit-il. Très bien prononcé,
ce sermon,; ceux qui ne savent pas l'espagnol l'ont compris. Ce
que personne n'a compris, ce fut le mot à mot du Notre Père,
chanté en Basque. Parmi ceux qui participèrent à
ce chant avec dévotion et compréhension, il y avait
le Maître de l'Ordre, qui a plusieurs fois séjourné
dans les régions de langue basque en Navarre. Fr. Miguel
de Burgos a profité du moment de préparation du pain
et du vin pour nous offrir une pièce musicale créée
et interprétée par lui avec beaucoup d'expressivité.
Nous
commençons par la section de la contemplation dans le document
sur la vie commune. Une correction largement discutée. Il
s'agissait de donner un caractère chrétien à
la contemplation, c'est-à-dire, contempler Dieu à
travers Jésus de Nazareth, révélation de Dieu.
Longue fut la discussion pour décider quels mystiques nous
devions lire et étudier. La commission proposait sainte Catherine,
maître Eckhart et saint Thomas, maître de vie spirituelle.
Les vocaux ont ajouté Frère Louis de Grenade.
On
a pas mal parlé du silence comme père des prêcheurs.
Beaucoup ont pris la parole et ont parlé pour souligner l'importance
de se taire et de garder le silence; fallait-il recommander le silence,
le recommander vivement ou l'ordonner ? c'est sur ce point que portaient
les controverses.
Liturgie.
Avec une large majorité l'assemblée a approuvé
que de temps en temps on puisse y incorporer quelques éléments
de notre ancien rite. A été approuvée également
la relance de la cause de béatification de Frère Bartholomé
de las Casas.
Document
sur la vie commune: la fraternité. C'est Luis de Franca qui
le présente. Le texte est bon. On y affirme que l'autonomie
économique des couvents ne conduit pas à se désintéresser
des nécessités réelles de la province. A propos
du projet communautaire, la commission a rappelé ce que dit
le LCO sur l'organisation de la vie communautaire, à travers
les chapitres conventuels ou réguliers, les réunions
où se planifie et s'évalue la vie de communauté.
Le texte a moyennement plu (56 pour, 56 contre). C'est la première
fois qu'il y a égalité. Dans les normes de procédure,
cette possibilité est prévue: on en discutera et on
votera un autre jour.
A
midi, les évêques de Providence étaient avec
nous. Salutations de l'évêque titulaire. Il remercie
pour la collaboration du Collège avec le diocèse pour
qui les dominicains sont un trésor. Il félicite Timothy
et Carlos. Parlant de l'assemblée, il dit que c'est le groupe
le plus exquis auquel il se soit adressé. Quand, voici peu,
il a inauguré la belle église, il a signalé
le sens des vitraux qui reflètent l'histoire de l'Ordre depuis
sa fondation. Il espère qu'ils vont être complétés
par quelques uns des participants. Le Maître a répondu
en anglais, avec le sens du reflet: Pour moi aussi, vous êtes
l'évêque de Providence le plus distingué que
j'aie rencontré. Notre vie ici est un mouvement de haut en
bas, de l'église à la salle et vice versa. C'est comme
la respiration qui prépare le jour du Seigneur. Ici il n'y
a pas de vitraux (tout juste quatre cages de verre pour les interprètes),
nous nous voyons face à face. Mais cette salle nous permet
d'être des frères réunis pour la construction
du Royaume.
Aucune
correction n'avait été présentée pour
le document sur les moniales. Peu de discussions, seulement quelques
précisions. Le texte est très respectueux à
l'égard des moniales. Il demande, il exhorte
, il ne
décide rien. Le plus problématique, par exemple l'autorité
du Maître de l'Ordre, l'aptitude des chapitres de frères
à prendre des décisions sur les moniales, le droit
de ces dernières à participer à l'élection
du Maître, les changements du LCM, et l'invitation à
ce que quelques moniales viennent au chapitre des frères;
toutes ces questions sont abandonnées à la commission.La
Commission Internationale des Moniales a été confirmée.
Il y a des thèmes importants: Que faire des monastères
où l'on ne peut pas mener une vie contemplative digne? Les
frères peuvent-ils faire quelque chose pour la formation
des moniales et les moniales pour la formation des frères
?
Il
restait à approuver le prologue du document sur l'économie.
Le titre en est "Un esprit de mendicité renouvelé".
Il y eut une correction contre ce titre: laissons la mendicité
aux mendiants et parlons des moyens de trouver de l'argent. Le titre
a été maintenu et le prologue approuvé. Nous
continuons à être des mendiants, avec un esprit renouvelé.
Le prologue sur l'économie a pris plus de temps que les document
sur les moniales.
Fr.
Fernando Vela, de la province d'Espagne, a présidé
les vêpres. Au moment des prières il a exposé
la raison pour laquelle à la messe le Notre Père avait
été chanté en basque: c'était pour demander
la cessation de la violence dans cette partie de l'Espagne, pour
nous souvenir des victimes du terrorisme et être solidaires
de ceux qui en cet endroit cherchent la paix et la liberté.
Curiosités:
Avec
les nouvelles normes, les débats se sont beaucoup simplifiés.
Quand on veut faire une motion d'ordre (a..31) pour indiquer que
l'on ne respecte pas les normes, on lève les bras croisés.
Pour demander que s'achève une discussion que l'on estime
suffisamment traitée (a.14), on lève les mains en
forme de croix. En basket ceci équivaut à "faute
volontaire" et à "temps mort". On remarque
l'influence de la NBA.
Le
provincial d'Angleterre n'était pas partisan de l'établissement
d'une liste de mystiques, parce qu'elle serait incomplète.
Quant à lui, il y inclurait aussi le mystique Timothy Radcliffe.
Fr.
Michel Van Aerde, qui vit au couvent, se rétablissant de
son opération, est venu saluer les capitulaires et il leur
a demandé s'ils allaient bien ou si l'on ne pouvait pas les
laisser seuls. Il s'est remis de façon étonnante.

(Traduit
de l'espagnol)