Dernière mise à jour :
2001-08-06

Courriel du Chapitre



Chronique
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Chronique du Chapitre

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31 juillet

Documentorum progressio

En la fête de saint Ignace de Loyola, la liturgie est confiée aux provinces d'Equateur et d'Argentine. C'est le jeune provincial d'Argentine, Fr. Xavier Pose qui a présidé. Au début de l'Eucharistie, il nous a dit que saint Ignace avait été impressionné par la personnalité de saint Dominique. Cela doit nous interpeller nous dominicains. Fr. Antonio Cabrejas, espagnol qui a passe une grande partie de sa vie en Equateur, province dont il est le définiteur en ce chapitre, a donné l'homélie. L'explication que donne Jésus sur la parabole du bon grain et de l'ivraie nous invite à savoir espérer, à être tolérants, à ne pas juger ni condamner, afin de ne pas être jugés ni condamnés. Mais il y a d'autres lectures possibles. Si nous pensons à nous-mêmes, dit le prédicateur, cette attente doit être accompagnée d'un discernement continuel pour distinguer l'ivraie et le bon grain et nettoyer notre intérieur. Quelque chose de semblable doit se produire dans la formation: il faut discerner et purifier patiemment. Il convient bien d'insister sur le discernement en la fête de l'auteur des "Exercices spirituels". Au point de vue musical, on remarqua les "coplas de Yaravi" dirigées et interprétées par le Maître de l'Ordre en personne.

La session plénière a commencé par une plaisanterie. Hier à un moment les machines à voter avaient eu des problèmes. Aux paroles si souvent répétées par le secrétaire "please, indicate that you are présent", ne correspondait pas le nombre des présents. On dit aux vocaux que pour manifester leur présence, au lieu d'appuyer le bouton correspondant ils doivent lever ce qu'ils ont sous leur tapis. Ce qu'il y a, c'est une grande photo imprimée du secrétaire du chapitre, avec le mot "présent", que tous ont brandi à l'unisson.

Frais du chapitre. On va appliquer l'équation de solidarité, selon les entrées des provinces. Les différences sont notables. On a établi sept types d'entités: les trois premières payent moins, la quatrième ce qui lui revient; la cinquième, la sixième et la septième payent ce qui leur revient et une partie de ce qui reviendrait aux trois premières. Il n'y eut pas de protestations car tout paraît juste… On n'a pas dit dans quel groupe se situait chaque entité.

Les sessions de l'après-midi sont anticipées d'une demi-heure, abrégeant ainsi le temps des conversations et la réalité globalisée de la sieste : Au travail à trois heures.

Commission pour la vie intellectuelle. Nos théologiens, philosophes et penseurs ont préparé un beau texte. Nous réalisons que notre mission est paraclétique - dire que nous avons passé tant d'années sans le savoir - , nous réalisons qu'il faut être attentif à ce qui est anamnétique, etc. Le titre seul est attirant "Misericordia veritatis". L'étude n'est pas un "hobby" ni ne se fait pour exercer une profession: c'est une contemplation en vue de pouvoir atteindre les cœurs les plus blessés. Telle est notre mission paraclétique - consolatrice - .

Il faut étudier la philosophie, grande perdante dans la formation initiale des derniers temps, et aussi le latin et le grec. Quelqu'un a dit que les Indiens, les Chinois, les Coréens et les Japonais passeraient toute leur vie à étudier ces langues et ne les apprendraient pas. La commission est fidèle au chapitre de Bologne: dans la formation initiale, il est nécessaire d'étudier l'une des trois langues officielles distincte de la langue maternelle. Comme le texte parle de communication et de recherche, quelqu'un propose que soit inclus l'allemand, langue essentielle pour la recherche. Le texte de Bologne a été maintenu de justesse.

A propos de langues, aujourd'hui est apparu l'italien. On parlait de l'Angelicum. Le seul administrateur de cette université ne pouvait parler avec précision dans une langue étrangère. Lui-même et la commission ont obtenu des applaudissements enflammés et chaleureux.

Au début de la session de l'après-midi, le Maître fait part à l'assemblée des nouvelles charges du conseil généralice. Il y eut des applaudissements pour les nouveaux et pour ceux qui s'en vont.

Constitutions. Les historiens disent que le n° 100 du LCO ne correspond pas à la réalité historique, qu'il n'y a pas de document historique qui garantisse qu'aux origines de l'Ordre on appelait le couvent "sancta praedicatio" (bien des discussions au sujet du retrait n'ont pas été historiques!). L'article a été inclus dans le LCO en 1968. Si ce n'est pas de l'histoire, c'est de la tradition. On change "aux origines" par "dans la tradition de l'Ordre".

Le promoteur des moniales. Le n° 438 du LCO dit que la mission du promoteur est d'aider les "moniales et les sœurs". On enlève "sœurs" . Il est promoteur des moniales et non des sœurs. On arrive presque à l'unanimité: il n'y eut qu'une abstention.

Premier brouillon de la commission pour la famille dominicaine. La rédaction du texte a demandé du temps; c'est qu'il est bien soigné. Le présentateur a dit que l'important était ce qui est caché sous le texte: la vie de la famille, comment a évolué la réalité à travers les chapitres, comment on veut ouvrir des chemins pour la collaboration…, etc. C'était un texte lancé pour entendre l'écho produit dans l'assemblée et intégrer les suggestions. On entendit quelques échos, et pas désagréables. Et cela alors qu'on a abordé la différence entre Ordre et Famille. L'important est de se sentir en famille et d'être disposé à faire des projets communs et à collaborer. Le texte a été accepté. Il y aura sans doute de nombreux points à examiner quand il sera de nouveau présenté.

Pour la deuxième fois, le texte sur les défis. La fatigue de la salle était visible. Corrections, correction de la correction, correction que l'on fait et que l'on retire. Ceux de la commission ne savent que faire pour que leur texte avance… Il était 18heures 30 . Cela faisait trois heures et demie de réunion, avec un quart d'heure de pause. Le modérateur propose de continuer encore 15 minutes. Votons. Une majorité écrasante nous précipita dans la rue pour respirer. Nous en avions besoin.

C'est arrivé dans la salle…

Un jeune capitulaire italien parle très vite lorsqu'il intervient, et ceci alors qu'il s'exprime en français. Devant la protestation des interprètes qui ne peuvent le suivre, le modérateur lui signale sa rapidité. Réponse: "Ecoutez, je sui de la patrie des Ferrari" (Les vocaux attachent leur ceinture lorsqu'il demande la parole).

Les modifications du LCO doivent être faites en latin. Le secrétaire écrit les modifications du texte dans son ordinateur, puis projette ce qu'il a écrit sur deux grands écrans, en rouge, près du texte primitif. C'est un véritable expert. On ne peut en dire autant du latin.

Malgré la longue session de l'après-midi, quelques capitulaires sont infatigables dans leurs bavardages. Une authentique incontinence verbale. puce

(Traduit de l'espagnol)

 

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