Dernière mise à jour :
2001-08-07

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Chronique
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Chronique du Chapitre

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3 août

Augustin Kazotic, premier bienheureux dominicain de Croatie

Les provinces d'Autriche et de Croatie et le vicariat de Hongrie étaient chargées des célébrations d'aujourd'hui. Le provincial de Croatie, dans le mot d'introduction de la messe, nous a dit qu'Augustin était le premier dominicain béatifié de Croatie. Cette année on célèbre le troisième centenaire de sa béatification. Augustin Kazotic (1260-1323) a consacré sa vie à la formation de collèges, à la recherche de solutions aux conflits ecclésiaux ; il a été un pacificateur renommé et a travaillé pour les droits de la personne humaine, outre sa préoccupation à l'endroit des pauvres de la société. Il a été aussi l'auteur de quelques études théologiques. Evêque de Zagreb et de Lucera (Italie), il s'est consacré avec énergie à promouvoir le bien commun, le salut publique de tout le peuple de Zagreb, il a été spécialement attentif aux besoins et à al vie du bas clergé et aux fidèles de son diocèse, son option pour les pauvres l'a conduit à être exilé en France. Augustin n'est pas seulement un monument du passé mais aussi un monument de notre avenir. Soyons protecteurs des marginaux, artisans de paix et théologiens. Le définiteur d'Autriche a présidé et Fr. Richard Schenk a prêché. Une homélie de type scolastique, comme si c'était un article de la Somme de saint Thomas : "Est-il permis ou non de vénérer dans l'Ordre dominicain le bienheureux Augustin Kazotic comme patron du dialogue interreligieux ?", avec objections, "sed contra" et réponses aux objections, comme aux temps du bienheureux. On a chanté quelque chose en allemand et un nouveau maître de chœur a fait son apparition.

La matinée a bien commencé avec la rapide approbation du prologue de la commission de vie commune. Ce sont deux commissions en une : l'une sur la contemplation, l'autre sur la vie commune.

Le document sur les frères coopérateurs a suivi. Dès le début on a pu voir deux opinions idéologiques distinctes. Pour certains, les frères coopérateurs méritent davantage, on n'a pas voulu entrer dans le problème véritable d'une certaine discrimination à leur égard. D'autres sont d'avis qu'il faut reconnaître les différences, en sachant bien que nous sommes tous égaux, avec la même dignité que nous donne la même professions solennelle, mais avec des tâches distinctes. La question étant présentée ainsi avec rigueur, la discussion a été spécialement chaude. Quelqu'un a proposé de constituer une commission pour aborder le thème de l'identité du frère coopérateur, ou non-clerc, ou non-ordonné. Comme il ne reste que neuf minutes pour la fin du travail de la matinée, on interrompt la session et on décide d'entendre les frères coopérateurs présents, qui font office de traducteurs et d'interprètes. Ces frères coopérateurs ont déjà été invités à parler en commission et on a tenu compte de leurs opinions dans l'élaboration du texte. Mais ils vont comparaître devant toute l'assemblée.

L'après-midi, furent traitées quelques "franges" du document sur la vie intellectuelle. ¿Quelles langues faut-il étudier en vue de communiquer entre nous ? Il y avait une opposition entre Caleruega (tous l'anglais, et pour les anglais, l'espagnol ou le français) et Bologne (tous n'importe laquelle des langues officielles ; si l'une d'entre elles est la langue maternelle, n'importe laquelle des deux autres). C'est Bologne qui l'a emporté. Par conséquent tous ne doivent pas savoir nécessairement l'anglais. Avec les derniers remerciements pour le texte s'est achevé ce bon document sur la vie intellectuelle.

Déclarations. Comme toute assemblée ou congrès de quelque importance, la commission des défis de notre mission a préparé trois déclarations : 1) contre la peine de mort ; 2) contre les sanctions économiques, concrètement l'embargo sur l'Irak et Cuba, à cause de leurs conséquences sur la population civile ; 3) contre la hausse des produits pharmaceutiques pour combattre le SIDA.

Certains avaient voulu élargir la première déclaration à toute attaque contre la vie humaine (avortement, euthanasie, manipulations génétiques…). La commission ne l'a pas accepté. Au moment où nous faisons cette déclaration, les autorités de l'Eglise ont déjà parlé en faveur de leur abolition. La discussion s'achève enfin, on fait quelques corrections et on approuve à la majorité presque absolue.

Dans la seconde déclaration on précise que l'embargo n'a pas obtenu la liberté et la démocratie, qu'il n'a réussi qu'à entraîner la misère dans la population civile. Certains se demandent si par cette déclaration on n'est pas en train de donner raison aux régimes dictatoriaux, tyranniques… etc., et s'il ne conviendrait pas de dire quelque chose sur eux. Un autre s'engage sur la ligne de l'éthique et dit qu'il faut déclarer que l'embargo est intrinsèquement pervers, parce qu'il entraîne des conséquences graves contre les innocents. L'assemblée ne statue pas sur un plan radical, et elle repousse les deux propositions. La seconde déclaration est approuvée, elle aussi à la grande majorité.

Les médicaments. La pandémie du SIDA s'étend dans des proportions terribles, surtout en Afrique. Sur les 34 millions de malades, 24,5 sont en Afrique. Il y a des remèdes pour le combattre, mais ils ne sont pas à la portée des pauvres. On demande que les entreprises pharmaceutiques baissent les prix de ces produits. Un amendement a été proposé : on ne dit pas dans le texte qu'une politique claire de défense de la famille et une réelle éducation du vrai sens de la sexualité peut aider à résoudre le problème. L'amendement ne plaisait pas à la commission, qui, elle, parlait des malades et non de ceux qui peuvent tomber malades, mais il est approuvé. Il y aura un détail éthique dans la déclaration.

Et ainsi s'est terminée la journée. Le Maître a félicité tout le monde pour l'élévation et la sincérité des débats, à l'intérieur de la diversité des opinions.

Le provincial d'Autriche à présidé les vêpres. On a chanté quelque chose en allemand, fait des prières en croate et en hongrois. On a commencé par une hymne au bienheureux dont on célébrait la fête.

Reconnaissance

Il y a un personnage essentiel au chapitre, le secrétaire général, Fr. George Schommer. Il n'intervient en public que lorsqu'il le faut. Son visage exprime le calme, ébauchant toujours un sourire. On dirait qu'il fait peu de choses et cependant sur ses épaules repose le poids du chapitre. Il sait travailler beaucoup et bien, et le faire dans l'ombre.

Merci, George ! puce

(Traduit de l'espagnol)

 

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