Dernière mise à jour :
2001-08-07

Courriel du Chapitre



Chronique
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Chronique du Chapitre

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4 août

Dans la dernière ligne droite

En la fête du Curé d'Ars, la liturgie était confiée aux provinces de Toulouse et de Suisse. Cela faisait quelques jours que la liturgie en français avait disparu; elle fut sérieuse et solennelle comme toujours. Un définiteur de Toulouse qui passe sa vie en Haïti préside. Il nous invite à prier aujourd'hui pour les frères prêtres - précisément quand on va traiter des frères non prêtres - pour qu'ils soient de bons dispensateurs de la miséricorde de Dieu. Sœur Marie Thérèse, moniale finlandaise d'un monastère français lit la première lecture de sa voix délicate. Le définiteur suisse prêche: il rappelle que saint Jean Marie Vianney est le patron des curés; bonne fête à tous les curés présents! Le récit sanglant de la décollation de saint Jean Baptiste, évangile du jour, n'est pas une simple histoire pour satisfaire les curiosités, mais pour marquer le contraste entre le comportement humain et la miséricorde de Dieu. Le Curé d'Ars a exercé cette miséricorde en se donnant totalement à ses paroissiens et à travers le sacrement de la réconciliation.

Selon ce qui avait été prévu hier, trois frères coopérateurs de ce pays nous ont fait part de leur expérience. Les trois sont bardés de doctorats et de "masters"; ils sont professeurs et l'un d'eux occupe des charges de responsabilité dans des organismes de bioéthique. Un autre est sous-prieur de sa communauté. Très dévots à saint Martin, ils croient que le modèle de ce saint ne doit pas se reproduire dans les tâches qu'il remplissait ni dans sa perspective communautaire, mais dans sa vie. L'important n'est pas le travail que l'on fait, comme le pense la société étatsunienne, mais ce que l'on est. Tout en respectant les situations particulières, ils croient que ceux qui veulent consacrer leur vie dans l'Ordre ne doivent pas être exclusivement appliqués à des tâches "domestiques". Ils croient important que les frères puissent exercer ce qu'ils appellent la direction (leadership), c'est-à-dire être supérieurs.

Après la pause, en l'absence des frères coopérateurs à la tribune, la discussion se poursuit. Au fond le débat porte sur les articles V et VI de la constitution fondamentale: le caractère clérical de l'Ordre ou le ministère prophétique qui implique le ministère sacramentel. Quelques uns signalent que cela dépend de la conception que l'on se fait de l'Eglise comme communion, et de la conception du sacerdoce comme hiérarchie ou service. Il y a des amendements au texte, des amendements d'amendement… La commission va élaborer à nouveau cette partie du texte avec les précisions et corrections de la salle. On nous remet le bon texte de Bologne sur les frères coopérateurs, que la commission reprend et confirme.

La session de l'après-midi a commencé avec la bonne nouvelle annoncée par le Maître que, malgré ce qui avait été dit, demain il n'y a pas de sessions. Il nous communique que des signatures, représentant le tiers des vocaux, ont été déposées: elles demandent que l'on retire le texte sur les frères coopérateurs. Le comité central a cru opportun de lancer une réflexion dans l'Ordre tout entier, conduisant le Maître à établir une commission, à laquelle participeront des frères coopérateurs, sur les thèmes impliqués dans la discussion du dit document. La commission élaborera et enverra un questionnaire à toutes les provinces; celui-ci sera distribué aux frères.

C'est un bon document que celui sur la Famille Dominicaine. Il ne suscite pas de grandes discussions, malgré le vieux problème qu'il pose: la distinction entre Ordre et Famille. Partant du principe que le charisme de Dominique est unique et indivis, le document affirme que "l'Ordre des Prêcheurs" est formé par ceux qui, par l'intermédiaire de la profession ou des promesses faites au Maître, s'intègrent à l'Ordre. Si l'on entend le terme Ordre au sens large, tous ceux qui assument l'engagement d'un genre de vie particulier, inspiré de la vie et de la mission de saint Dominique et approuvé par l'Eglise peuvent se considérer comme parties vraiment intégrantes de l'Ordre des Prêcheurs ("Ordo Praedicatorum universus"), c'est-à-dire de la Famille dominicaine. Si le terme Ordre exprime plutôt une "organisation juridique précise", l'image de la Famille évoque l'expérience d'une appartenance réciproque.

La commission a distingué les trois niveaux d'appartenance à la Famille: a) les frères, les moniales et les fraternités séculières et sacerdotales. Ceux-ci font des vœux ou des promesses au Maître. b) Les congrégations de sœurs admises dans la Famille par le Maître de l'Ordre, sans que leurs membres prononcent leurs vœux entre les mains du Maître; c) Les associations, nouveaux groupements comme le MJD (Mouvement de la jeunesse dominicaine), qui peuvent être accueillies par des frères provinciaux ou par des supérieures générales de congrégations.

Vêpres et rite du lucernaire. Eglise en semi-obscurité, le cierge pascal qui progresse solennellement tandis qu'on entend la polyphonie française, les cierges qu'on allume, l'encens qui fume, les lumières qui peu à peu s'intensifient. Belle mise en scène à la discipline et à la saveur très monastiques.

De nouvelles voix

Dans les assemblées passées, sont intervenus divers invités du Maître au chapitre: des assistants, des moniales, des sœurs, un représentant du laïcat dominicain. Aujourd'hui nous avons écouté "de nouvelles voix": Pamela Lagos, chilienne, représentante du Mouvement De jeunesse dominicaine International a pris la parole. Tous nous avons eu plaisir à entendre une voix féminine et jeune. Merci. puce

(Traduit de l'espagnol)

 

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