4
août
Dans
la dernière ligne droite
En
la fête du Curé d'Ars, la liturgie était confiée
aux provinces de Toulouse et de Suisse. Cela faisait quelques jours
que la liturgie en français avait disparu; elle fut sérieuse
et solennelle comme toujours. Un définiteur de Toulouse qui
passe sa vie en Haïti préside. Il nous invite à
prier aujourd'hui pour les frères prêtres - précisément
quand on va traiter des frères non prêtres - pour qu'ils
soient de bons dispensateurs de la miséricorde de Dieu. Sur
Marie Thérèse, moniale finlandaise d'un monastère
français lit la première lecture de sa voix délicate.
Le définiteur suisse prêche: il rappelle que saint
Jean Marie Vianney est le patron des curés; bonne fête
à tous les curés présents! Le récit
sanglant de la décollation de saint Jean Baptiste, évangile
du jour, n'est pas une simple histoire pour satisfaire les curiosités,
mais pour marquer le contraste entre le comportement humain et la
miséricorde de Dieu. Le Curé d'Ars a exercé
cette miséricorde en se donnant totalement à ses paroissiens
et à travers le sacrement de la réconciliation.
Selon
ce qui avait été prévu hier, trois frères
coopérateurs de ce pays nous ont fait part de leur expérience.
Les trois sont bardés de doctorats et de "masters";
ils sont professeurs et l'un d'eux occupe des charges de responsabilité
dans des organismes de bioéthique. Un autre est sous-prieur
de sa communauté. Très dévots à saint
Martin, ils croient que le modèle de ce saint ne doit pas
se reproduire dans les tâches qu'il remplissait ni dans sa
perspective communautaire, mais dans sa vie. L'important n'est pas
le travail que l'on fait, comme le pense la société
étatsunienne, mais ce que l'on est. Tout en respectant les
situations particulières, ils croient que ceux qui veulent
consacrer leur vie dans l'Ordre ne doivent pas être exclusivement
appliqués à des tâches "domestiques".
Ils croient important que les frères puissent exercer ce
qu'ils appellent la direction (leadership), c'est-à-dire
être supérieurs.
Après
la pause, en l'absence des frères coopérateurs à
la tribune, la discussion se poursuit. Au fond le débat porte
sur les articles V et VI de la constitution fondamentale: le caractère
clérical de l'Ordre ou le ministère prophétique
qui implique le ministère sacramentel. Quelques uns signalent
que cela dépend de la conception que l'on se fait de l'Eglise
comme communion, et de la conception du sacerdoce comme hiérarchie
ou service. Il y a des amendements au texte, des amendements d'amendement
La commission va élaborer à nouveau cette partie du
texte avec les précisions et corrections de la salle. On
nous remet le bon texte de Bologne sur les frères coopérateurs,
que la commission reprend et confirme.
La
session de l'après-midi a commencé avec la bonne nouvelle
annoncée par le Maître que, malgré ce qui avait
été dit, demain il n'y a pas de sessions. Il nous
communique que des signatures, représentant le tiers des
vocaux, ont été déposées: elles demandent
que l'on retire le texte sur les frères coopérateurs.
Le comité central a cru opportun de lancer une réflexion
dans l'Ordre tout entier, conduisant le Maître à établir
une commission, à laquelle participeront des frères
coopérateurs, sur les thèmes impliqués dans
la discussion du dit document. La commission élaborera et
enverra un questionnaire à toutes les provinces; celui-ci
sera distribué aux frères.
C'est
un bon document que celui sur la Famille Dominicaine. Il ne suscite
pas de grandes discussions, malgré le vieux problème
qu'il pose: la distinction entre Ordre et Famille. Partant du principe
que le charisme de Dominique est unique et indivis, le document
affirme que "l'Ordre des Prêcheurs" est formé
par ceux qui, par l'intermédiaire de la profession ou des
promesses faites au Maître, s'intègrent à l'Ordre.
Si l'on entend le terme Ordre au sens large, tous ceux qui assument
l'engagement d'un genre de vie particulier, inspiré de la
vie et de la mission de saint Dominique et approuvé par l'Eglise
peuvent se considérer comme parties vraiment intégrantes
de l'Ordre des Prêcheurs ("Ordo Praedicatorum universus"),
c'est-à-dire de la Famille dominicaine. Si le terme Ordre
exprime plutôt une "organisation juridique précise",
l'image de la Famille évoque l'expérience d'une appartenance
réciproque.
La
commission a distingué les trois niveaux d'appartenance à
la Famille: a) les frères, les moniales et les fraternités
séculières et sacerdotales. Ceux-ci font des vux
ou des promesses au Maître. b) Les congrégations de
surs admises dans la Famille par le Maître de l'Ordre,
sans que leurs membres prononcent leurs vux entre les mains
du Maître; c) Les associations, nouveaux groupements comme
le MJD (Mouvement de la jeunesse dominicaine), qui peuvent être
accueillies par des frères provinciaux ou par des supérieures
générales de congrégations.
Vêpres
et rite du lucernaire. Eglise en semi-obscurité, le cierge
pascal qui progresse solennellement tandis qu'on entend la polyphonie
française, les cierges qu'on allume, l'encens qui fume, les
lumières qui peu à peu s'intensifient. Belle mise
en scène à la discipline et à la saveur très
monastiques.
De
nouvelles voix
Dans
les assemblées passées, sont intervenus divers invités
du Maître au chapitre: des assistants, des moniales, des surs,
un représentant du laïcat dominicain. Aujourd'hui nous
avons écouté "de nouvelles voix": Pamela
Lagos, chilienne, représentante du Mouvement De jeunesse
dominicaine International a pris la parole. Tous nous avons eu plaisir
à entendre une voix féminine et jeune. Merci. 
(Traduit
de l'espagnol)