7
août
Rendez-vous
à Cracovie (Pologne)
C'est
encore un jour de chaleur humide qui se lève. En arrivant
à l'église un moment avant la messe et en y trouvant
Frère James Marchionda, notre directeur de liturgie, qui
interprétait sur sa clarinette des mélodies grégoriennes,
la prière naît, spontanée. Célébration
confiée à la Lituanie, Bohème et Slovaquie.
Pour la première fois la messe est en latin. Cela semblait
nouveau aux jeunes, et les autres ont constaté qu'ils ne
sont plus jeunes. C'est le vicaire de Slovaquie qui la préside.
Le vicaire des Pays Baltes prononça l'homélie en français.
Il nous raconte une histoire de délivrance, obtenue par des
moyens diplomatiques, des attaques d'un bélier contre la
ferme de sa famille. C'est cette diplomatie qui a fait défaut
à saint Pierre quand il voulut marcher sur les eaux pour
rejoindre son Maître. Nous avons tous écouté
l'évocation de la peur de saint Pierre et de sa crainte de
mal s'en tirer devant les disciples
L'effort du frère
lituanien pour nous prêcher en français a été
admirable. Il nous a appelés " camarades ", je
suppose que c'est une réminiscence de l'ancien régime
dans son pays. Et Fr. Damian Nemec, celui qui fait le plus d'amendements,
de précisions et de corrections au chapitre, nous a chanté
un solo en tchèque : belle musique (on peut supposer que
les paroles l'étaient aussi).
Avant-dernière
session. Présentation des institutions de l'Ordre. En premier
lieu, l'Ecole Biblique de Jérusalem, fondée en 1890
par Fr. Joseph Marie Lagrange. C'est son directeur, Jean-Michel
Poffet, qui la présente. Elle se trouve dans la zone palestinienne
de Jérusalem. On n'y confère pas de licence, mais
le doctorat et d'autres diplômes. L'été prochain
commenceront des cours de trois semaines de formation biblique,
ouverts à tous ; il les appelle " cours d'enthousiasme
biblique ". On n'y exigera pas les connaissances qu'on exige
pour les cours réguliers. Parmi les projets il y a la révision
de la Bible de Jérusalem. Il semble que les textes hébreux
auxquels se réfère la traduction soient des textes
soumis à diverses influences idéologiques et qu'il
convient de les comparer à nouveau aux Septante pour trouver
le texte le plus proche du texte originel. Je crois qu'on ne nous
changera pas le Notre-Père.
L'Angelicum.
C'est le prieur de la communauté, élu pour représenter
les frères du couvent de Saint Sixte et Saint Dominique,
qui le présente. C'est une bonne période pour l'Angélicum.
On est arrivé à un nombre d'étudiants jamais
atteint. L'Angelicum est en train d'obtenir un soutien économique.
Les étudiants viennent de toutes les parties du monde. Ce
sont des religieux (ses) et des laïques des deux sexes.
Vicariat
Général de la reine de Chine à Taiwan. Fr.
Célestin Shuang, vicaire général, a exposé
les activités apostoliques et les projets du Vicariat.
On
a décidé de faire confiance au Maître pour l'élaboration
à Rome des " dénonciations ", c'est-à-dire
la première partie des actes, où apparaissent les
événements les plus importants depuis le dernier chapitre
général. Il y eut un seul vote contre.
On
a approuvé la proposition présentée par le
Maître de désigner trois provinciaux comme membres
de la direction de l'Angelicum. Le provincial de Pologne continue,
on y adjoint celui de l'Inde et celui d'Angleterre.
Questions
du secrétariat : Qui veut les actes imprimés ? Qui
les veut en disquette ? Nouvelle question qui se pose dans les chapitres.
Session
de l'après-midi : remerciements et applaudissements. Les
premiers à l'intention des prisonniers de Norfolk, du tiers-ordre
séculier, qui ont envoyé une rose à chaque
capitulaire et ont prié pour nous. Ensuite une pensée
pour fr. Dominique Renouard, qui a présidé la commission
du Conseil généralice chargée de la préparation
des documents et des premiers jours du chapitre et que la maladie
a empêché de venir. Remerciement spécial au
secrétaire, George Schommer, et aux autres secrétaires.
Remerciement aussi à Yves Bériault, auteur de la fantastique
page Internet. Merci aux traducteurs et interprètes ; aux
responsables de la liturgie qui ont tant travaillé ; aux
invités pour leur présence, et à l'Institution
qui nous a accueillis, " Providence College ". Un applaudissement
spécial pour les " mousquetaires ", les modérateurs,
Quirico, Plilippe et José Angel. Ils se sont bien battus
aux sessions plénières.
Siège
du prochain chapitre de définiteurs en 2004. Quatre candidatures
se présentent : Cracovie en Pologne, Bogota en Colombie,
Napur en Inde et San Juan de Porto Rico. Chaque provincial présente
les avantages du lieu. Celui de l'Inde signale aussi quelque inconvénient
(il y a un contrôle serré sur toute réunion,
surtout religieuse). Les Colombiens avaient préparé
un dossier sur ordinateur qu'ils ont projeté sur les écrans.
Porto Rico offrait l'hôtel " Le Couvent ". Résultat
: Pologne, 83 voix ; Colombie, 24 ; Porto Rico, 8 ; Inde, 7.
Le
Maître remercie d'une manière spéciale la province
de Saint Joseph des Etats-Unis qui a accueilli le chapitre. Il y
eut encore place pour l'intervention d'une laïque dominicaine,
qui nous laissa cette belle phrase : " Ne permets pas que tes
souvenirs dépassent tes rêves ". Dans ce cas,
dit-elle, ils les ont dépassés. Une moniale, au nom
de toutes, remercie Timothy pour son invitation, et tout le monde
pour l'accueil et la dynamique du chapitre, la liturgie et la fraternité
dominicaine. Souvenir ineffaçable. Elles nous emportent dans
leur cur et dans leurs prières. Merci.
Et
les actes furent signés en toute solennité. Les "
paparazzi " n'ont pas manqué l'occasion d'en laisser
des images pour l'histoire.
Mais,
de façon inattendue, le modérateur annonce qu'on a
oublié une pétition. Fr. Jan, le défenseur
hollandais de la femme, a lutté bravement pour faire avancer
ses propositions. Il propose que le prochain chapitre soit en anglais.
A quelques conditions près : ceux de langue anglaise feront
la liturgie dans une autre langue et devront offrir un résumé
écrit de l'homélie dans la langue où elle a
été prononcée ; au début de l'intervention
dans la salle, ils devront raconter une blague ou une histoire dans
une autre langue, et faire le résumé de chaque session
plénière dans une langue autre que la leur. Cela a
été approuvé à l'unanimité. Comme
récompense à celui qui sut défendre ses idées
avec le plus de force, Fr. Jan a reçu un voile de religieuse
pour sa défense de la condition féminine.
Avant
les vêpres solennelles de saint Dominique, il y eut concert
à l'église (piano, hautbois et violon) pour préparer
l'ambiance. En espagnol, peut-être par égards pour
le saint castillan. La note particulière fut, après
la lecture de la seconde lettre de Paul à Timothée,
l'homélie. Fr. Angel Méndez exprima par sa danse qu'il
fallait prêcher opportunément et inopportunément,
que pour Paul, cela ne s'est pas toujours bien passé, qu'il
a poursuivi sa course dans une dure compétition et qu'il
est arrivé au but et a gardé la foi. Dans la danse
s'exprimait peut-être le fait que nous aussi, nous avions
maintenu la foi après cette course d'un mois qu'a été
le chapitre. Enfin, je crois qu'il a exprimé avec ses mouvements
rythmiques qu'une couronne avec une récompense nous attendent.
Ce furent de belles vêpres au terme du chapitre. Deo gratias.

(Traduit
de l'espagnol)