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Dernière mise à jour :
2001-07-28

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Entrevue avec le nouveau Maître
de l'Ordre, le frère Carlos
Alfonso Azpiroz Costa, O.P.

Interview par Claude Vézina, o.p.

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Frère Carlos, pouvez-vous nous parler un peu de vos jeunes années en Argentine, et ce qui vous a conduit à l'Ordre des Prêcheurs ?

J'ai vu le jour à Buenos Aires, en Argentine, le 30 octobre 1956. J'aurai donc 45 ans en octobre prochain. Je suis le huitième d'une famille de quatorze enfants - treize garçons et une fille. Un de mes frères est décédé en 1988, il était jeune, nous restons donc treize. Mon père était agronome ou ingénieur en agronomie, et mon grand-père et ma grand-mère paternel étaient originaire de la Navarre, en Espagne. C'est pourquoi mon nom de famille est Azpiroz - qui est basque.

Ma mère, aussi, a joué un grand rôle dans ma vie : elle m'a transmis mes premières valeurs de foi. Elle veillait aux besoins de la grande famille que nous étions avec beaucoup de délicatesse et une douce sagesse. Elle fut un modèle de vie chrétienne, et ce, avec une discrétion remarquable et une grande finesse. Je trouve difficile d'évaluer à quelle classe sociale nous appartenions; ce que je peux dire, c'est que nous n'avons manqué de rien. Même si nous avons bénéficié d'une bonne éducation, notre vie quotidienne était très simple. J'ai toujours reçu mes vêtements de mes frères aînés, et nous avons toujours partagé nos jouets, nos choses, de telle sorte que cela nous a bien préparé à la vie commune! Ma maison était comme un couvent, en quelque sorte. Je garde des souvenirs merveilleux de notre vie de famille. J'ai étudié au Collège Champagnat, tenu par les frères Maristes.

Votre famille n'avait-elle pas un 'ranch' en Argentine?

Le travail de mon père consistait à administrer les propriétés de la famille à Buenos Aires; il était aussi très dévoué à l'administration du ranch. Ce ranch est aussi, pour mes frères et neveux, un point de rencontre. Quand l'opportunité se présente, pour les vacances, je me joins à eux. C'était aussi un lieu pour grandir et travailler. Toutefois, mon père ne nous laissait jamais à rien faire. Là-bas, pendant les vacances, il nous donnait du travail. Nous y étions pour travailler et apprendre, et non regarder le ciel.

Quand nous étions jeunes nous pratiquions le « futbol » (football) et toutes sortes de sports ! Nous aimions beaucoup les chevaux. Lorsqu'on vient d'une famille nombreuse, on a aussi beaucoup d'amis. Les petites familles, parfois, ferment leurs portes aux autres, mais chez nous, la maison était très grande, alors beaucoup d'amis y venaient, et après mon entrée dans l'Ordre, des frères dominicains m'accompagnaient, mangeant, partageant, se disputant, jouant au « futbol » - la vie, quoi! Nous avons eu beaucoup de plaisir.

Et votre éducation?

J'étais étudiant en droit civil à l'Université Catholique Pontificale de Buenos Aires, Santa Maria de Buenos Aires et quelques uns de mes professeurs étaient Dominicains. C'était en 1978, une année passionnante, mais aussi un temps de grande douleur, parce que l'Argentine vivait une situation politique et sociale incertaine. Je n'étais pas très conscient de la situation politique. J'avais vingt deux ans et j'étais assez certain que je voulais devenir prêtre. Cette année a été très importante. J'ai eu une petite amie, mais nous avons mis fin à notre relation. Nous n'avons pas mis fin à notre relation parce que je voulais être prêtre. Vous savez, parfois il y a des choses inconscientes qui travaillent dans nos cœurs.

Au moment où j'ai terminé mes études secondaires, j'étais certain que je voulais devenir prêtre, mais plus tard j'ai commencé à étudier le droit civil parce que l'étude et la pratique du droit faisaient partie de mes antécédents familiaux et puis j'aimais le droit. J'aimais beaucoup ça. J'ai eu deux professeurs, des enseignants dominicains, qui m'ont enseigné la théologie morale, et j'étais très intéressé par la matière. Dans la salle de cours, tous les jours, j'étais l'homme des questions. J'aimais beaucoup parler. Ils m'ont invité au couvent…et ça m'a beaucoup plu. Alors en 1979, je suis allé passer quelques jours au noviciat, seulement pour une petite expérience de la vie dominicaine.

Je n'avais pas beaucoup de temps à ma disposition, car je terminais ma dernière année d'études. J'étais président du Centre Étudiant de la faculté, élection tenue démocratiquement. Nous étions aussi, à cette époque, sous le régime d'un gouvernement militaire, mais il était permis à l'Université Catholique de tenir ce Centre étudiant. Notre groupe s'est présenté à une élection; nous avons gagné et avons passé une année à faire du travail social - incluant l'enseignement de sujets académiques, donnant des conférences, organisant des équipes de sports, préparant les étudiants à la confirmation, et plein d'autres choses. Cela revêtait de l'importance pour nous, car nous étions parmi les seuls résolument engagés dans les questions sociales et qui travaillions avec les pauvres.

Après quoi je suis entré au noviciat et lorsque j'eus terminé mes quatre jours de retraite, j'avais la certitude que c'était bien ma place. J'avais alors vingt-trois ans. Je me souviens avoir célébré mes vingt-quatre ans pendant mon noviciat. Aujourd'hui, on considère ça trop jeune! Mais en 1980 il était courant de poursuivre une vocation à cet âge. Nous étions douze au noviciat et, de mon année, six frères et prêtres sont restés. Bon! Cela étant dit, dans mon cas, je crois vraiment que j'ai entendu la voix de Jésus m'appelant à entrer dans l'Ordre. J'ai essayé de terminer mon travail pour l'obtention de mon diplôme, mais j'ai échoué mon dernier examen, une semaine seulement avant mon entrée. Alors j'ai fait mon noviciat et complété mon examen immédiatement après avoir prononcé mes premiers vœux. Ce qui fait que je suis dans le sens où j'ai rempli les exigences académiques requises.

Voilà comment je suis entré dans l'Ordre. J'aurais encore beaucoup à dire, mais cela devrait suffire pour une première rencontre. Et puis il me reste neuf ans pour vous donner plus de détails.

Y a-t-il des figures dominicaines ou des mentors, au sein de l'Ordre ou même dans votre province, qui vous ont vraiment inspiré?

Bien sûr, au tout début, je dois admettre que deux frères, en particulier, m'ont inspiré. L'un d'eux était un frère étudiant et aussi auxiliaire à la chaire de théologie morale. Il a, depuis, quitté l'Ordre. C'est un homme d'une grande bonté. Il travaille toujours avec les frères dans certaines écoles sur les questions de pédagogie. L'autre frère, le père Miguel Cardozo, était à l'époque maître des étudiants à Santo Domingo de Buenos Aires, et fait toujours partie de cette communauté. Et puis, il y a eu, bien sûr, mon maître des novices, frère Vicente Argumedo.

J'admire mes frères…j'aime vraiment mes frères. Le frère Domingo Basso, -je préfère dire " frère " plutôt que " père "- le frère José María Rossi, pour n'en nommer que quelques-uns. Mais il ne s'agit pas ici de faire la promotion de quelques frères alors que j'ai une telle affection pour tant de frères argentins où dans l'Ordre. Et de toute façon, je n'aime pas faire tant d'histoires sur les frères de ma propre province.

Ensuite, à Santa Sabina, j'ai été sidéré par l'amabilité et la chaleur humaine de Timothy et de Damian Byrne. Il est toujours édifiant de constater le grand réalisme d'un Maître de l'Ordre. Damian, je m'en souviens comme un homme très impressionnant, d'une grande simplicité, qui vivait vraiment la pauvreté, qui avait un sens profond de la mission de l'Ordre, et il pouvait faire un tas de choses. Comme je l'ai dit, j'admire vraiment mes frères dominicains.

Parmi les différents ministères que vous avez exercés, quels sont ceux où vous avez eu le sentiment de vraiment toucher à la mission de l'Ordre, et pourquoi?

Je me souviens, il y a plusieurs années, dans une assemblée provinciale, nous avions tenté de mettre sur pied un projet pour la province. Et il était très important pour nous d'en arriver à une profonde et commune compréhension de la vie intellectuelle de l'Ordre, en accord avec la mission de l'Ordre pour les pauvres -une mission au sens traditionnel, une mission pour les pauvres- donc de première évangélisation.

Enseigner demeure pour moi mon ministère favori. Enseigner à une foule de gens divers. J'ai enseigné plusieurs années à l'Université Catholique : j'enseignais à une grande variété d'étudiants; ceux qui étudiaient le droit civil, l'économie, l'ingénierie et bien d'autres domaines. Je leur enseignais la théologie. Et le défi d'enseigner la théologie à des personnes qui ne savent peut-être rien sur Jésus-Christ reste très important. Mais tenir une mission, avec laïcs et religieuses réunis, à des personnes qui n'ont jamais entendu un prédicateur est tout aussi important, particulièrement en milieu défavorisé.

En Argentine, il existe plusieurs endroits où il y a beaucoup de souffrances. Et travailler en ces endroits a ouvert mon esprit, car je me suis rendu compte que je ne connaissais pas vraiment la réalité de mon pays et de mon Église avant d'être Dominicain. C'est étrange : il arrive parfois que les gens pensent que nous ne connaissons rien des réalités du monde parce que nous sommes religieux, nous vivons dans des cloîtres, et quoi encore... Mais c'est précisément le fait d'être Dominicain qui a ouvert mes yeux, ouvert mes oreilles, ouvert ma bouche, afin de comprendre ces réalités -les vrais réalités- de notre monde! C'est étrange, non? Certains disent " vous vivez dans des couvents, vous êtes en dehors du monde, vous n'êtes pas un institut séculier- comment pouvez-vous savoir? " Mais je sais, je comprends les vrais problèmes du monde en étant Dominicain, et c'est ce que nous voulons montrer aux gens, que ce soit dans une faculté d'université ou dans une 'mission' chez les pauvres.

Pouvez-vous relater une situation cocasse dans laquelle vous vous êtes trouvé comme religieux?

Dans ma vie de religieux? Ah oui! Je me rappelle qu'une de mes plus belles expériences était d'être le coordinateur de notre assemblée provinciale durant deux années consécutives. Notre province, la province d'Argentine, a une très belle coutume : une fois l'an, pendant trois jours, tous les frères profès solennels se réunissent pour réfléchir ensemble à différentes questions. Évidemment, c'était aussi un temps de réjouissance, nous avions du plaisir, nous chantions, et cela me rappelle beaucoup de moments joyeux. J'essayais de faire rire mes frères, nous organisions des jeux et nous avions un réel plaisir à chanter. C'est le souvenir spontané qui me vient à l'esprit.

Mais il est une situation particulière qui me revient. C'était lorsque Timothy est arrivé à la curie. Vous vous souvenez de ce corridor à la curie? Bon, dans ce corridor sont accrochés tous les portraits des anciens Maîtres de l'Ordre. Celui de Timothy vient à peine d'être accroché, il y a quelques mois…il est magnifique. Or, je voulais lui jouer un tour. Je l'ai fait car je le connaissais déjà, l'ayant rencontré à plusieurs reprises comme provincial d'Angleterre et membre du Directorium de l'Angelicum; il avait l'habitude de venir à Ste-Sabine. Comme j'étais procureur du couvent à l'époque, je l'ai forcément connu. Et je savais qu'il avait un bon sens de l'humour.

Vous savez, je suis argentin, et lui, anglais, mais nous nous comprenions bien mutuellement. Or, au moment où il est arrivé à Ste-Sabine comme Maître de l'Ordre nouvellement élu, le 5 septembre 1992, j'avais en ma possession une copie miniature de sa photo officielle prise lors du Chapitre de Mexico que j'avais fait encadrer. Je l'ai ensuite accroché au mur du corridor juste après le portrait, de grande taille, de Damian Byrne. J'ai seulement demandé la permission au prieur, qui croyait bien que Timothy n'en serait pas ennuyé. J'ai pris ses bagages, et je l'ai conduit vers ses nouveaux quartiers. Comme nous avions à passer par le corridor en question, je lui montrai les portraits des Maîtres. Et à cet endroit, la supérieure de la communauté de sœurs s'est tout bonnement jointe à nous - il s'agit des sœurs qui oeuvrent au service des frères à Ste-Sabine.

Comme nous longions le corridor, Timothy contemplait longuement chaque portrait, tous ces énormes et grands portraits, puis finalement il arriva face à celui de Damian Byrne, pour ensuite jeter son regard à cette minuscule photo de lui-même sur le mur, juste à côté de celle de Damian -il s'arrêta et la fixa tout simplement. J'étais inquiet, à ce stade, qu'il ne digère pas bien la plaisanterie. Je me disais en moi-même, " Oh! Mamma mia, please! " Il se tourna vers la sœur, et dit, dans un très mauvais italien mais avec beaucoup d'humour, " ne vous inquiétez surtout pas, je grossirai avec l'aide de vos pâtes dans les neuf prochaines années! " J'ai gardé, jusqu'à ce jour, cette petite photo que je mettrai dans mon bureau personnel…question d'avoir à chaque jour, en face de moi, le sourire de Timothy.

Si vous aviez à vous adresser à des jeunes hommes ou des jeunes femmes qui cherchent un sens à leurs vies actuelles ou qui songent à la vie consacrée, qu'auriez-vous à leur dire?

Pour moi, la vie consacrée signifie avoir les deux pieds sur terre, mais sans plafond au-dessus de nos têtes. Certains pensent que la vie consacrée nous enferme. Non! Sans plafond signifie qu'il n'y a pas de limites au-dessus, nous devons, bien sûr, être bien enraciné, enraciné dans la réalité. Et je crois que recevoir cela est un don de Dieu. La tentation, aujourd'hui, est le découragement qui peut découler du monde -car certaines personnes n'aiment pas le monde tel qu'il se présente à eux. Mais avec des horizons élargis, sans aucun plafond au-dessus de nos têtes, sans murs emprisonnant, mais marchant droit devant, avec Dominique, je crois que beaucoup de jeunes devraient connaître le grand défi de prêcher en tant que Dominicains. Je ne parle pas uniquement aux frères ou aux sœurs, mais aussi aux laïcs. Ils devraient y puiser une grande confiance. C'est mon idée sur la question.

Étant donné votre connaissance du droit et votre expérience en matière de droit canonique, comment décririez-vous le génie et l'esprit des Constitutions dominicaines?

Je ne voudrais pas exagérer, mais j'ai toujours soutenu que les Constitutions de l'Ordre dominicain -le plus important héritage que saint Dominique lui-même ait légué à l'Ordre- est un livre spirituel. Évidemment, ce n'est pas un livre de mystique. De saintes personnes ont laissé à l'Église leur journal personnel et leurs mémoires intimes, comme le bienheureux pape Jean XXIII. D'autres, comme saint Ignace, nous ont laissé leurs exercices spirituels. Mais Dominique, lui, nous a légué nos Constitutions.

Les Constitutions donnent courage aux frères pour se soutenir mutuellement, parce que dans chacun des frères se trouve une parole de lumière et une parole de grâce pour moi. Les Constitutions sont une cathédrale de lois constitutionnelles. Et elles nourrissent la confiance que nous avons les uns envers les autres. Nous ne recevons pas les directives d'un abbé, par exemple - je ne suis évidemment pas contre les abbés - mais nos prieurs ne sont pas des abbés. Alors les Constitutions nous préparent à la vraie discussion et à l'écoute de la parole des autres, et cela est un vrai don de Dieu. Et de plus, elles nous permettent de développer une attitude plus miséricordieuse envers notre prochain. Voilà ce que sont, à mon avis, les Constitutions.

À la lumière des nouveaux défis auxquels fait face notre monde actuel, quelles seraient, à votre avis, les questions urgentes qui méritent notre attention ? Y a-t-il des orientations particulières que nous, Dominicains, devrions adopter?

Bon…il nous faudra voir ce que le Chapitre dira. Les Actes du Chapitre eux-mêmes traceront notre ligne directrice pour les trois prochaines années. Nous ne nous laissons pas conduire par la peur. Je n'ai pas de programme personnel, parce que je suis ici pour écouter les frères et voir ce qui ressortira des Actes. Bien sûr, la première semaine, celle qui précède l'élection, a été une semaine bien particulière; le seul fait de partager ensemble des aspects de la contemplation et de la prédication dans un contexte de mondialisation, en est un exemple.

Mais, comme je le disais à mes frères lorsqu'ils m'ont demandé quels étaient les deux thèmes que je trouvais le plus important dans l'Église et dans l'Ordre actuellement, je leur ai dit : en premier lieu, le dialogue entre les grandes religions, et, en second lieu - ce qui pourrait servir d'arrière-plan à de nombreuses discussions pour le prochain millénaire - , les droits de l'homme. Parce qu'il faut bien reconnaître que beaucoup de gens ne croient pas en Dieu, et que nous devons prêcher à partir de quelque héritage commun. Il est impossible de tenir un dialogue sans un héritage commun, comme le disait saint Thomas.

Quelle est la parole de l'Évangile qui vous parle le plus?

En ce qui me concerne, mon passage favori de l'Évangile est quand Jésus rencontre Pierre sur le rivage de la mer et lui demande par trois fois " m'aimes-tu? ". Cela se passe après la passion et les trois reniements. Pierre dit, " tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime ". C'est mon passage préféré, car il nous montre qu'il nous faut deux choses : la connaissance de Dieu, puisque Pierre dit " Dieu, tu me connais, tu sais que je t'aime " -l'amour et une intelligence de Dieu. En même temps, on remarque que cette confession de Pierre est différente de celle qui a lieu lors de la pêche miraculeuse, " Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un pécheur ". Dans sa première confession, Pierre est tourné vers lui-même. Dans la seconde, il se concentre davantage sur le Christ : " Tu sais toutes choses ".

On dit souvent des Dominicains qu'ils doivent être au premier plan du champ apostolique, aux frontières de l'évangélisation. Quels sont ces nouveaux champs apostoliques dans lesquels nous devons nous engager?

Je crois qu'il faut considérer de nombreuses frontières. Je me rappelle, avec une vive gratitude, le Chapitre d'Avila et ce qu'il a élaboré sur ces frontières. Je pense que nous avons là une belle description qui lie ce Chapitre avec les priorités élaborées à Quezon City en 1977. Avila a essayé d'élaborer les priorités de Quezon City dans une approche renouvelée et plus actuelle. Et je crois qu'elles expriment pour moi ce qu'est la mission de l'Ordre, dans un sens élargi. Mais, encore une fois, il vaut mieux attendre les Actes.

Un mot d'espérance pour l'ensemble de la famille dominicaine?

Bon, vous savez, je n'ai pas participé à la rencontre de Manille, car tous ne pouvaient y être et j'avais du travail à Ste-Sabine. Le thème était " voix nouvelles pour le troisième millénaire ". Cette réunion nous a donné un sens nouveau de la célébration : celle de notre vocation commune. La famille dominicaine se compare à un orchestre symphonique. Dans un orchestre symphonique, bien sûr, il y a toutes sortes d'instruments. Vous avez de tout, à partir des percussions jusqu'aux joueurs de flûte. Certains peuvent être indifférents soit à la flûte, soit au tambour, mais quand tous les musiciens jouent ensemble, les sons des différents instruments s'harmonisent et l'orchestre symphonique résonne au diapason. Chacune de ses parties à besoin de l'autre. La Vérité est une symphonie, la Vérité est notre musique. Et si je pouvais imprégner dans l'esprit des capitulaires un seul souvenir de Timothy, c'est qu'il nous invitait, encore et toujours, à " chanter une nouvelle chanson " (Sing a new Song). Et à travers la musique de la Vérité…ne somme-nous pas nous-mêmes symphonie?

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